Toutes flamboyantes

Avec cinq leaders au fil du Tour de France Femmes avec Zwift 2026, la lumière du Maillot Jaune a été partagée comme jamais, de Lorena Wiebes à Demi Vollering. La deuxième a finalement illuminé Nice, tandis que la première a écrit l’histoire en vert. Leur compatriote néerlandaise Puck Pieterse s’est offert le maillot à pois deux ans après avoir remporté le maillot blanc, qui est cette fois revenu à Antonia Niedermaier. Kasia Niewiadoma-Phinney et Juliette Berthet ont également été distinguées.

Maillot Jaune : Demi Vollering double la mise

Demi Vollering a fini par s’envoler dans la dernière ascension (et descente) sur les pentes du col d’Èze mais l’édition 2026 du Tour de France Femmes avec Zwift a été disputée comme jamais. De Lausanne à Nice, cinq coureuses différentes ont porté le Maillot Jaune. Il n’y avait pas eu plus de trois leaders en 2022, 2024 et 2025, et seulement deux femmes en jaune lors du premier sacre de la Néerlandaise, en 2023.

Cette année, Lorena Wiebes a ouvert le bal, comme en 2022. Mais cette fois, elle a récidivé dès le deuxième jour de course, rejoignant la poignée de coureuses à avoir levé les bras tout en étant vêtues de jaune. Sa successeure Sigrid Haugset a été une leader plus éphémère, mais son grand solo vers Poligny a abattu une nouvelle référence sur le Tour : Annemiek van Vleuten avait parcouru 62 km en solitaire pour prendre le Maillot Jaune au Markstein (2022, 7e étape), la Norvégienne a poussé le compteur à 88 !

Le podium final a commencé à se construire dans le contre-la-montre de Dijon (4e étape). Marlen Reusser a pris le pouvoir, Vollering a fait mieux que se défendre et Kasia Niewiadoma-Phinney limitait admirablement ses pertes. Le même trio s’est détaché vers Belleville-en-Beaujolais, où la bataille a tourné en faveur de Vollering, puis au Mont Ventoux, où Niewiadoma-Phinney s’est envolée. La Polonaise devenait la quatrième leader du classement général sur ce Tour. La cinquième, Demi Vollering, attendait son heure niçoise pour tout emporter. Montée en puissance au fil de la semaine, Elisa Longo Borghini a pris la troisième place sur le podium après une chute de Reusser dans la dernière étape.

Maillot vert : Lorena Wiebes écrit sa légende

Il y a bien eu trois porteuses différentes du maillot vert, mais c’est seulement parce que Lorena Wiebes brillait en jaune après ses deux victoires d’étapes inaugurales. La toute-puissance de la star « Oranje » a permis à Idoia Eraso et Elisa Balsamo de connaître les honneurs verts une journée chacune, mais la Néerlandaise est la véritable titulaire de cette tunique… et ce depuis la 3e étape du Tour 2025 !

À cheval sur deux éditions, la Néerlandaise a reçu les 16 derniers maillots verts distribués sur l’épreuve. Au sprint, ses accélérations dévastatrices laissent la concurrence à plusieurs longueurs. Wiebes a également progressé dans les montées : c’était indispensable pour viser la victoire à Lausanne, sur la côte Saint-François, et pour définitivement valider son maillot vert le dernier jour, après une première ascension au col d’Èze. Vollering n’était pas loin. Mais Wiebes a su arracher son deuxième maillot vert (2025, 2026), comme Marianne Vos (2022, 2024).

Maillot à pois : Puck Pieterse tout rouge

« Il va bien avec mes cheveux », sourit la toujours flamboyante Puck Pieterse à propos de son maillot à pois. La puncheuse « Oranje » a su multiplier les efforts tout au long de la semaine, sur des enchaînements vallonnés dignes des Classiques Ardennaises où elle a l’habitude de briller, ou sur les plus hauts sommets qu’elle devra pleinement dompter pour tenter sa chance au classement général et peut-être viser le Maillot Jaune, après avoir remporté le classement des jeunes en 2024.

En attendant, Pieterse trace sa voie, blanche, rouge et rousse. Elle a pris les commandes du classement de la montagne au troisième jour, en passant en tête au col de la Faucille, première ascension de 1re catégorie sur le Tour 2026. Elle a signé un festival en direction de Belleville-en-Beaujolais, s’offrant pas moins de six sommets répertoriés (un nouveau record sur une seule étape). Et elle a pu savourer l’ascension du Mont Ventoux et le final niçois : son maillot à pois n’était plus menacé par aucune rivale.

Maillot blanc : Antonia Niedermaier mène une génération dorée

Le contre-la-montre et surtout les ascensions ont fait émerger un trio de coureuses au sommet du classement des jeunes, et quel trio ! Antonia Niedermaier, Paula Blasi et Isabella Holmgren disputaient chacune leur premier Tour. Première porteuse du maillot blanc, la Catalane Blasi enchaînait sa tournée de podiums après avoir remporté La Vuelta Femenina by Carrefour.es. La lieutenante de Longo Borghini a ensuite cédé la main à une autre équipière précieuse, Niedermaier, vêtue de blanc pour soutenir les grandes offensives de Niewiadoma-Phinney. L’Allemande a bouclé l’épreuve à la 4e place du classement général et remporté le maillot blanc, un mois après être montée sur le podium du Giro Women. Quant à Holmgren, qui n’a pas hésité à passer à l’attaque dans la dernière étape, elle est la première vainqueure du Tour de l’Avenir Femmes (2025) à prendre place dans le top 10 au général du Tour (8e).

Classement par équipes : UAE L’Imad impose la force du nombre

L’hydre à plusieurs leaders UAE L’Imad a su trouver l’équilibre pour peser de tout son poids sur le Tour de France Femmes avec Zwift 2026. La « campionissima » Elisa Longo Borghini a été le point d’ancrage d’une formation bourrée de talents, avec notamment Paula Blasi et Dominika Wlodarczyk pour accompagner la double vainqueure du Giro Women vers son premier top 3 au classement général du Tour. Lorsque la sélection s’opérait et que les meilleures équipes n’avaient plus qu’une ou deux coureuses aux avant-postes, la formation émiratie pouvait compter sur ce trio fantastique pour mener la bataille. Elles ont pris les commandes du classement par équipes d’entrée, ne les ont que momentanément abandonnées à SD Worx-Protime (leader après les 3e et 4e étapes) et ont fini par creuser des écarts considérables à la faveur des défis escarpés de cette édition : 48’11’’ de marge sur Lidl-Trek et 48’26’’ sur FDJ United-Suez.

Super Combative : Kasia Niewiadoma-Phinney a tout tenté

La vainqueure du Tour de France Femmes avec Zwift 2024 le savait depuis longtemps. Elle l’avait même annoncé : « Il faudra saisir les opportunités et ne pas être timide. » Prête à tout perdre dans l’espoir de gagner, Kasia Niewiadoma-Phinney a lancé de très grandes manœuvreset mené un assaut historique sur les pentes du Mont Ventoux : une attaque à près de 10 kilomètres de l’arrivée, une envolée déterminée, un Maillot Jaune arraché. Elle a dû le céder le lendemain à Vollering. Son dernier assaut au plus fort des pentes menant au col d’Èze, sur le très âpre chemin du Vinaigrier, n’a pas été couronné de succès. Mais la Polonaise est tombée les armes à la main. C’est sa nature de compétitrice passionnée.

Meilleure équipière : Juliette Berthet méritait une récompense

La réputation de Juliette Berthet n’est plus à faire. La Bisontine est une grande championne, talentueuse et altruiste, qui se met au service de Demi Vollering sur les plus grandes épreuves de l’année et tout particulièrement la plus grande d’entre toutes. Au sein du « super collectif » FDJ United-Suez, Berthet est la « super lieutenante » de la leader néerlandaise, celle qui l’accompagne le plus loin et doit le mieux réagir à l’adversité. « Sur le Tour, il peut se passer plein de choses », expliquait-elle avant le Grand Départ Suisse. Les neuf jours de course lui ont donné raison tout en mettant en lumière ses efforts au service de sa leader. Au départ de la dernière étape, elle recevait le prix de meilleure équipière. On la retrouvait ensuite en première ligne pour maîtriser les attaques adverses, réguler l’allure du groupe de tête et finalement lancer Vollering vers le sacre absolu.