. Les meilleures coureuses du monde sont en Suisse pour le Grand Départ du Tour de France Femmes avec Zwift 2026. Le parcours de neuf étapes est notamment caractérisé par un contre-la-montre individuel, l’ascension du Mont Ventoux et un final palpitant à Nice.
. Sacrée en 2025, Pauline Ferrand-Prévot défend son Maillot Jaune face à une cohorte de prétendantes, à commencer par ses prédécesseures au sommet du classement général Demi Vollering et Kasia Niewiadoma-Phinney.
. Le premier Maillot Jaune se disputera sur les pentes de la côte Saint-François, à Lausanne. L’occasion d’un premier succès suisse, avec Noemi Rüegg ? La championne de France Célia Gery fait partie des jeunes prétendantes prêtes à tout renverser.
UN NOUVEAU TOUR COMMENCE : « IL VA FALLOIR ATTAQUER »
Les 147 coureuses du Tour de France Femmes avec Zwift 2026 sont à Lausanne, où elles se préparent à affronter les nombreux défis qui couronneront une championne en jaune dimanche 9 août, à Nice : neuf étapes, 1.174,7 kilomètres de course, 18.775 mètres de dénivelé positif, un contre-la-montre, l’arrivée au Ventoux… Du Grand Départ suisse (une première) à l’arrivée sur la Côte d’Azur (également inédite pour l’épreuve), le parcours doit offrir un spectacle rythmé, avec un terrain varié permettant à différentes championnes d’exprimer leur talent.
Tout commence avec « une arrivée pour puncheuses sur la côte de Saint-François, où Wout van Aert s’est imposé la dernière fois que le Tour est venu [2022] », décrit Marion Rousse, directrice de l’événement. « La deuxième étape, d’Aigle à Genève, est pour les sprinteuses, avec un paysage magnifique. » La séquence suisse s’achèvera au troisième jour de course, en quittant Genève pour rallier Poligny, et permettra à un nouveau type de coureuses de s’illustrer : « C’est une étape pour les baroudeuses puisqu’on ira immédiatement chercher le premier col de ce Tour de France Femmes avec Zwift. »
Les prétendantes au Maillot Jaune ont un grand rendez-vous avec un contre-la-montre de 21 kilomètres à Dijon (4e étape) : « Il y aura forcément des écarts qui peuvent aussi influencer le scénario de course. Il va falloir attaquer pour reprendre le temps perdu. » Les puncheuses et grimpeuses pourront le faire en direction de Belleville-en-Beaujolais (5e) - « un parcours de classique, avec beaucoup de montées, de descentes, et des routes étroites » -, au Mont Ventoux (7e) - « on fait difficilement mieux, qu’il s’agisse du mythe ou de la difficulté » - et jusqu’au dernier jour : « avec quatre boucles effectuer sur le col d’Èze et la variante du chemin du Vinaigrier, on peut encore tout renverser. »
FERRAND-PRÉVOT EST PRÊTE : « JE CHOISIS MES BATAILLES »
La dernière victoire de Pauline Ferrand-Prévot remonte au 3 août 2025, il y a quasiment un an. Ce jour-là, la star française triomphait à Châtel, Maillot Jaune sur les épaules. Là revoilà au pied des sommets alpestres, pour défendre le titre arraché l’an dernier en survolant ce même massif lors du grand final du Tour de France Femmes avec Zwift. « Depuis le début de l’année, mon objectif est d’être à 100% pour le Tour », explique la leader de l’équipe Visma - Lease a Bike, troisième de Paris-Roubaix Femmes Hauts-de-France au printemps. « Je ne suis pas une coureuse qui veut et peut être performante toute la saison. Je choisis mes batailles et je m’investis à fond pour être à mon meilleur sur cet objectif. Donc je ne me suis peut-être pas encore imposée cette année, mais je suis très contente de ce que j’ai pu faire jusqu’à présent. »
« Je me sens prête, physiquement et mentalement ; tout s’est passé comme nous l’avions prévu », poursuit celle qui a multiplié les stages d’altitude et s’est soumise à une préparation toute particulière pour le contre-la-montre de la 4e étape. « Le Tour sera complètement différent cette année. Et comme j’ai dit souvent, j’aime savoir où je mets mes roues. Je suis allé plusieurs fois au Ventoux juste pour des reconnaissances. Et je suis très heureuse de finir à Nice [où elle réside régulièrement]. La dernière ascension du Tour, je la fais quasiment tous les jours. J’adorerai y revenir après la course et me dire : “Okay, j’ai couru ici et j’y ai donné le maximum.” »
VOLLERING ANNONCE UN « TOUR FOU, TRÈS PASSIONNANT »
En tête du classement mondial UCI, comme elle l'était déjà en 2023 et en 2025, Demi Vollering est une favorite évidente pour la victoire au Tour de France Femmes avec Zwift 2026.Elle a remporté le Maillot Jaune en 2023 et dû se contenter de la deuxième place lors des autres éditions auxquelles elle a participé. Elle s’avance vers un nouveau défi avec confiance et ambition, consciente d’avoir réalisé « une saison parfaite jusqu’à présent », avec des victoires au Tour des Flandres, à La Flèche Wallonne Femmes, à Liège-Bastogne-Liège Femmes et au Giro Women. « On ne pouvait que rêver d’une saison comme celle-ci, et cela nous aide à aborder cette course dans un état d’esprit plutôt détendu. Nous n’avons rien à prouver. »
La star néerlandaise a quelques idées sur la façon dont la course pourrait se dérouler : « Ça va être un Tour fou, très passionnant. Le Maillot Jaune pourrait changer d’épaules à plusieurs reprises, et j’espère le porter après la dernière étape. Nous devons rester très concentrées chaque jour, car nous avons vu ces dernières années à quel point les choses peuvent changer très vite sur le Tour de France. » Vollering peut compter sur un collectif FDJ United-Suez très solide, entièrement dévouée à soutenir ses ambitions, avec des grimpeuses confirmées comme Juliette Berthet et Évita Muzic, ainsi que des coureuses puissantes comme Franziska Koch ou Célia Gery.
PAROLE D’EXPÉRIENCE : « IL S’AGIT DE SAISIR LES OCCASIONS »
L’expérience sera cruciale pour venir à bout des neuf étapes et peut-être s’imposer sur la Côte d’Azur. Aux côtés de Ferrand-Prévot et Vollering, Kasia Niewiadoma-Phinney (Canyon//Sram) est l’autre ancienne vainqueure du Tour de France Femmes avec Zwift qui vise un nouveau titre cet été. « Nous sommes ici pour remporter le maillot jaune », a réaffirmé vendredi la star polonaise, avant de livrer son analyse de la dynamique de course à laquelle elle s’attend : « Je pars du principe que je vais perdre du temps face à des coureuses comme Marlen [Reusser], Anna [van der Breggen] ou Demi [Vollering] lors du contre-la-montre, donc tout est question de trouver des opportunités ailleurs. Et j’ai l’impression qu’il y en a beaucoup, il s’agit donc de saisir ces occasions et de ne pas manquer d’audace. » Concernant le Mont Ventoux en particulier, « je ne pense pas que tout le monde attendra les derniers kilomètres pour lancer son attaque décisive. On peut s’attendre à un départ difficile, puis il s’agira de survivre. »
Anna van der Breggen (SD Worx-Protime), autre coureuse extrêmement expérimentée et talentueuse, envisage elle aussi une bataille ouverte pendant neuf jours alors qu’elle vise le maillot jaune après avoir porté le maillot rouge de La Vuelta Femenina by Carrefour.es (2e au classement général à l’arrivée) et le maillot rose du Giro Women (3e) plus tôt cette année : « Si l’on examine les étapes, on peut dire qu’il n’y a pas une seule journée facile. Nous devons conserver autant d’énergie que possible jusqu’à la dernière étape, qui est l’une des plus difficiles – et c’est assez exigeant dans une course par étapes. Le plus important est de bien gérer chaque journée et de bien récupérer entre les étapes. »
JOUR(S) DE FÊTE POUR LES SUISSESSES
Chaque 1er août depuis le XIXe siècle, la Suisse commémore l’anniversaire de la signature de sa Charte fédérale en 1291. Cette année, la fête nationale coïncidera avec le Grand Départ du Tour de France Femmes avec Zwift 2026 depuis Lausanne, et pourrait bien être l’occasion de célébrer des talents locaux tels que Noemi Rüegg (EF Education-Oatly) ou Marlen Reusser (Movistar). « C’est un événement vraiment spécial », se réjouit cette dernière, « d’autant plus qu’il s’agit du tout premier Tour que je vise réellement en tant que coureuse, en en faisant le point d’orgue de toute ma saison. » Sur la route d’un éventuel sacre au classement général, la championne du monde du contre-la-montre vise tout particulièrement la 4e étape. « Je suis ravie, car je pense que chaque Grand Tour devrait comporter au moins un contre-la-montre. J’ai effectué une reconnaissance du parcours après ma chute au Tour des Flandres et il m’a plu car il offre un peu de tout, avec des passages techniques et une ascension exigeante. »
Quant à Rüegg, elle peut viser le premier maillot de leader sur les pentes de la côte Saint-François (2,6 km à 4,6 %), comme elle l’a fait cette année sur La Vuelta Femenina 26 by Carrefour.es. « Depuis qu’ils ont annoncé que le Tour débuterait dans mon pays natal, cette course est devenue un objectif majeur pour moi », explique-t-elle. « Ce sera une expérience unique dans ma vie. Les deux premières étapes me conviennent parfaitement, ce qui rend les choses encore plus passionnantes. »
Rüegg et Reusser seront les deux seules coureuses suisses du peloton, mais d’autres femmes figurant sur la liste de départ entretiennent des liens étroits avec ce pays. La Canadienne Magdeleine Vallieres a débuté sa carrière européenne grâce au Centre Mondial du Cyclisme de l’UCI situé à Aigle, d’où partira la 2e étape. « J’y ai vécu pendant deux ans et ce sera très agréable de courir dans un endroit qui m’est si familier », se réjouit la championne du monde en titre.
LES FRANCS-TIREUSES PRÉPARENT LEURS EMBUSCADES
Les nombreux pièges du parcours incitent une pléiade de prétendantes à rêver de succès. En tout cas, elles sont prêtes à livrer bataille, à l’image des coureuses d’AG Insurance-Soudal. « Le parcours est conçu pour les puncheuses, plutôt que pour les pures grimpeuses », explique leur directrice Jolien d’Hoore. Brillante en 2025, sa leader Kim Le Court vise encore plus haut cette année : « Le Tour s’annonce vraiment bien, avec une ambiance de classiques chaque jour . Dans un premier temps, nous viserons les victoires d’étape, mais nous voulons également viser le meilleur résultat au classement général. Le top 5 est notre objectif, et tout ce qui est au-delà sera un bonus. »
Il en va de même pour l’équipe UAE Team L’Imad, bien qu’elle compte dans ses rangs la légende italienne Elisa Longo Borghini, ainsi que l’étoile montante espagnole Paula Blasi. Comment vont-elles jouer leurs cartes ? « Le fait que personne ne connaisse notre stratégie est notre arme secrète, nous préférons donc la garder pour nous », laisse entendre la capitaine Brodie Chapman. Avec des coureuses qui se sont illustrées lors du Tour comme Dominika Wlodarczyk (4e au classement général) et Maëva Squiban (2 étapes de montagne), leurs possibilités sont infinies.
« C’est important de bien démarrer », insiste Lorena Wiebes (SD Worx-Protime), qui rêve de décrocher le premier Maillot Jaune comme elle l’avait fait en 2023. « Avec le recul, j’apprécierai encore davantage cette expérience si je parviens à le porter une nouvelle fois. C’est un objectif majeur pour notre équipe… Et ensuite, nous pourrons essayer de le conserver le plus longtemps possible, mais probablement pas avec moi. » L’équipe néerlandaise compte sur Anna van der Breggen, ainsi que sur Lotte Kopecky, Mischa Bredewold…
Puck Pieterse (Fenix-Premier Tech) avait pour sa part exprimé tout son panache en 2024, avec une victoire d’étape et le maillot blanc. « Je vais aborder la course au jour le jour et saisir ma chance quand le moment sera venu. » Ce « moment » pourrait bien se présenter dès la première étape. « On ne sait pas encore si ce sera l’affaire d’une sprinteuse ou d’une puncheuse, alors nous sommes nombreuses à avoir les yeux rivés sur ce maillot jaune… »
LE FUTUR EST DÉJÀ LÀ
« Remporter le Tour est un rêve pour moi. Acquérir de l'expérience cette année est un bon pas dans cette direction. » Ainsi s’exprime Isabella Holmgren (Lidl-Trek), vainqueure du Tour de l’Avenir l’année dernière et meilleure jeune du Giro 2026, mais elle vaut pour toutes les grandes prétendantes au maillot blanc qui sera cette année réservé aux coureuses nées après le 1er janvier 2003. Dans cette catégorie, on retrouve la tenante du titre de cette compétition, Nienke Vinke (SD Worx-Protime), ainsi qu’Antonia Niedermaier (Canyon//SRAM), Marion Bunel (Visma ) Lease a Bike), Lore de Schepper (AG Insurance-Soudal), Paula Blasi (UAE Team L’Imad)… « Mes chiffres indiquent que je suis dans la meilleure forme de ma carrière, mais la course, c’est une tout autre histoire », explique l’Espagnole, vainqueure de La Vuelta Femenina by Carrefour. « J’aborde le Tour avec beaucoup de confiance et de grandes attentes. »
Trois championnes du monde en titre dans les catégories inférieures s’alignent au départ du Tour de France Femmes avec Zwift 2026. La plus jeune d’entre elles, et également la plus jeune coureuse de la liste de départ avec ses 19 ans et 201 jours, est Paula Ostiz (Movistar), sacrée chez les juniors. Véritable collectionneuse de maillots arc-en-ciel (route, piste, cyclo-cross), la championne du monde U23 du contre-la-montre, Zoe Bäckstedt, espère faire ses preuves lors de la 4e étape. « C’est la discipline qui me convient le mieux, je pense donc que ce sera mon étape préférée de toute la course, et c’est là que je veux briller. »
Enfin, la championne du monde U23 Célia Gery (FDJ United-Suez) occupe déjà une place prépondérante parmi ses aînées. La championne de France pourrait même troquer le bleu-blanc-rouge pour du jaune dès samedi, à en croire l’emblématique Marianne Vos : « Célia est très explosive et très rapide, mais elle est également très douée pour se positionner. Elle sait courir et sera sans aucun doute l’une des coureuses à surveiller lors de la première étape. Je suis très curieuse de voir comment elle va s’en sortir dans ce Tour de France. »

