« Honnêtement, j’ai du mal à décrire ce que je ressens. Je suis sans voix. Je ressens juste une immense gratitude. Cette victoire est dédiée à toutes ces personnes qui m’ont accompagnée tout au long de cette très longue période sans grande victoire. Je tiens à remercier à peu près tout le monde. Je suis tellement fatiguée et bouleversée par ce qui vient de se passer… Quand j’ai commencé l’ascension, j’ai regardé à droite et j’ai vu mes parents debout au bord de la route, car ils étaient venus aujourd’hui à l’improviste pour m’encourager. J’ai vu mon père m’encourager à grands cris et je me suis dit que je devais le rendre fier aujourd’hui. Cette victoire est dédiée à ma famille, à mes amis, à mon mari, à mon équipe, à mon entraîneur, au directeur de mon équipe… Parce qu’ils savent tous combien j’ai dû m’investir pour remporter cette victoire. Ils ont toujours été à mes côtés, à l’écoute de mes plaintes. Je suis tout simplement bouleversée.
Je ne cours jamais après les victoires juste pour le plaisir de gagner. Je les vise parce que j’aime cette merveilleuse sensation que je ressens en ce moment. Je suis venue ici, au Mont Ventoux, avec mes amis et mon mari, et nous avons gravi la côte à trois reprises. Nous nous sommes amusés, nous avons sprinté, nous avons varié nos efforts… et la sensation d’atteindre le sommet de cette montagne était incroyable. À partir de ce moment-là, je n’ai plus eu qu’une envie : revivre cette sensation aujourd’hui. La joie pure de rouler, comme si j’étais une enfant. Être cycliste, c’est tellement génial : on peut pédaler partout.
Mon idée était d’arriver au Chalet Reynard toute seule, car à partir de là, le vent serait assez fort et les poursuivantes essaieraient de rester dans la roue les unes des autres le plus longtemps possible. Une fois arrivée là-bas, la course était difficile à cause du vent de face, mais je savais que les coureuses derrière moi ne feraient que jouer le jeu. »

