La Suissesse Marlen Reusser se réjouit de retrouver Aigle, siège du Centre Mondial du Cyclisme où elle s’est relancée en 2019.
Par Benoît Vittek
Pour Marlen Reusser, « c’est un peu comme si la boucle était bouclée. » Au départ de la deuxième étape, le peloton du Tour de France Femmes avec Zwift s’élancera depuis Aigle et longera les installations du Centre Mondial du Cyclisme (CMC), au pied des Préalpes vaudoises. Depuis 2002, ce centre d’entraînement multisports abrite le siège de l’Union Cycliste Internationale et a formé des athlètes du monde entier. Parmi ses élèves, on compte la championne du monde canadienne Magdeleine Vallières, le maillot vert érythréen du Tour 2024 Biniam Girmay et des centaines de cyclistes venus bénéficier de ce tremplin vers une carrière professionnelle.
« Le Centre Mondial m’a permis d’entrer dans ce sport », assure Reusser, qui a rejoint l’équipe sur route du CMC après une grave blessure et une performance inattendue aux Championnats du monde de contre-la-montre en 2018 (17e). « J’étais médecin, j’étais toute nouvelle dans ce monde et j’avais énormément de choses à apprendre, se souvient la leader de Movistar. L’équipe du Centre Mondial a un rôle spécial. Elle nous permet de participer à de grandes courses. J’ai fait l’Omloop Het Nieuwsblad (25e) par exemple. »
« On retoune là où ma carrière a commencé » Marlen Reusser
À l’époque, la Suissesse multipliait les allers-retours entre Berne et Aigle avant de prendre son envol au plus haut niveau, jusqu’à remporter deux étapes du Tour de France Femmes avec Zwift et le titre mondial en chrono. « On retourne là où ma carrière a commencé, d’une certaine manière, en Suisse », se réjouit-elle.
La Québécoise Magdeleine Vallières a, elle, traversé l’Atlantique à 18 ans pour vivre et s’entraîner au CMC. « Je ne trouvais pas d’équipe parce que je ne savais pas comment m’y prendre, se souvient la détentrice du maillot arc-en-ciel. Il est difficile de s’installer en Europe pour quelqu’un qui vient d’un autre continent et ça coûte cher. C’était une opportunité formidable et j’ai pu nouer des amitiés avec des Éthiopiens, Chiliens, Marocains... Ça a été ma maison pendant deux ans. Je connais ces routes par cœur. »
Après une première saison marquée par la pandémie de Covid-19, Vallières a fait ses preuves pour rejoindre l’équipe EF Education - Oatly en 2022 et conquérir le titre mondial l’an dernier au Rwanda, où se croisaient de nombreuses élèves du CMC, anciennes et actuelles. « On est un échelon dans le cyclisme professionnel féminin, illustre Jacques Landry, directeur du CMC. L’idée, c’est qu’en sortant de chez nous, elles soient mieux préparées pour passer éventuellement dans des équipes prestigieuses. L’an dernier, l’Éthiopienne Tsige Kiros a terminé septième des Mondiaux juniors et a signé chez Canyon//Sram Zondacrypto après être passée par notre programme. »

