Apparue sur le parcours du Tour de France en 1952 et alors dominée par Fausto Coppi, l’ascension du puy de Dôme est vite devenue un des must de la Grande Boucle. Le duel Anquetil-Poulidor sur ses flancs, en 1964, est demeuré l’épisode le plus célèbre. Après une longue éclipse, le Tour en a retrouvé ses pentes en 2023, pour un succès de Michael Woods. Le Tour de France dans sa version féminine l’avait également inclus dans son tracé en 1986 et 1987 : à chaque fois, c’est Maria Canins qui s’était imposée.
- Sommet (1 465m) de la chaîne des Puys dans le Massif central
- Situé sur les communes de Ceyssat et Orcines dans le Puy-de-Dôme (63)
- Habitants : 664 500 dans le Puy-de-Dôme
- puy-de-dome.fr
LE PUY DE DÔME ET LE CYCLISME
Si des légendes du cyclisme se sont imposées au Puy de Dôme, comme Eddy Merckx, Fausto Coppi, Federico Bahamontes, Felice Gimondi, Bernard Thévenet ou Lucien Van Impe, elles ne sont que trois à avoir triomphé au sommet à deux reprises : Luis Ocana, Joop Zoetemelk et… Maria Canins ! La « Maman volante », alors âgée de 37 puis de 39 ans, y a ainsi levé les bras sur le Tour de France féminin en 1986 et en 1988, triomphant à chaque fois de sa grande rivale Jeannie Longo. En 1986, elle avait d’ailleurs remporté l’épreuve avec plus de 15 minutes sur la Française, qui l’avait supplantée deux ans plus tard.
Ce sommet mythique, interdit aux cyclistes depuis 2012 et que la course n’avait plus visité depuis 1988 justement, en raison d’un nouvel aménagement qui rendait une arrivée presque impossible à organiser, a fait son retour sur le Tour de France masculin en 2023, où le Canadien Michael Woods l’avait emporté.
Voilà plus de 70 ans que les coureurs s’y attaquent, depuis le Tour 1952, lorsque Fausto Coppi s’y était imposé, comme il l’avait fait au sommet d’une autre ascension appelée à une immense popularité : l’Alpe d’Huez. En 1959, la victoire contre la montre de Federico Bahamontes devant Charly Gaul annonçait un duel plus retentissant encore, cinq ans plus tard. Ce jour-là, même si l’on oublie souvent le vainqueur de l’étape, Julio Jimenez, c’est le mano a mano poignant entre Raymond Poulidor et Jacques Anquetil qui frappa les esprits. Poupou lâcha le grand Jacques dans le final pour revenir à seulement 14 secondes de son grand rival au classement général. Les images de ce duel au sommet font partie des icônes de l’histoire du sport cycliste.
Le Puy de Dôme, souvent théâtre de chronos décisifs, a consacré d’autres immenses champions du Tour comme Luis Ocana, vainqueur à deux reprises en 1971 et 1973, ou Joop Zoetemelk, également double vainqueur sur ces pentes en 1976 et 1978. Pierre Matignon, Angel Arroyo et Erich Maechler sont les autres coureurs à l’avoir vaincu, avec Johnny Weltz, son dernier conquérant en 1988.
La toute première ascension du Puy de Dôme à vélo fut réalisée en 1892 par le coureur local Fernand Ladoux. Ce pionnier, mécanicien de métier, se passionnait pour les nouveaux moyens de transport, le vélo, l’automobile, mais aussi pour la photographie. Cycliste de la première heure, il a été membre fondateur en 1892 et chef de route du Véloce-Club auvergnat, dont le président d’honneur n’était autre que Marcel Michelin. Il laissa de nombreux clichés du volcan éteint.
Mais il faut aussi et surtout parler de Lily Herse, première femme à avoir remporté la course de la Grimpée du Puy de Dôme en 1949. Deux ans plus tard, elle récidivait en 57 minutes, un temps record. Championne de France sur route à neuf reprises entre 1956 et 1967, elle a participé au premier Tour de France féminin organisé par Jean Leulliot en 1955 et terminé quatrième.
À VOIR :
Chemin des muletiers
Départ col de Ceyssat : l'ascension dure de 45 minutes à une heure. Gravissant en lacets les 350 mètres de dénivelé qui mènent au sommet du puy de Dôme, le sentier des Muletiers est l'ancien chemin qui, dit-on, conduisait les pèlerins au temple de Mercure. Ce sentier est balisé en jaune et comporte plusieurs pupitres d’interprétation. Départ depuis la Maison de site (via le col de Ceyssat) : compter entre 1h30 et 2h pour parcourir les 6 kms de montée.
Espace Grand Site de France
Situé au sommet du Puy de Dôme, il est ouvert 10 h à 17h30 sans interruption. Sa scénographie ludique et interactive (pupitres pédagogiques, bornes, films, images lenticulaires, etc...) permet de s’imprégner de l'esprit du lieu autour de trois thématiques : spiritualité, croyances et légendes au sommet, défi de la gestion durable, conquêtes humaines (scientifiques et sportives). Des expositions temporaires permettent également de partager l'actualité du site et de mieux connaître le département. Dans la salle de projection sont diffusés deux court-métrages en lien avec le site du puy de Dôme, son histoire et son caractère emblématique.
Espace temple de Mercure
Situé au sommet, il est ouvert au public de 10 h 50 à 16 h 40 sans interruption.
L'Observatoire du temple présente un parcours interactif pour la découverte du sanctuaire de Mercure. Ce voyage au IIe siècle après J-C. est ponctué de films, de maquettes, d'objets et de nombreux jeux. Après avoir emprunté la voie d'Agrippa, le visiteur suit le chemin des pèlerins dans le sanctuaire, découvre les principaux objets trouvés lors des fouilles et les matériaux et techniques de construction du temple.
Temple de Mercure
Construction : vers 140
Style : gallo-romain.
Histoire : au IIe siècle, le plus grand temple de montagne de la Gaule romaine se trouve au sommet du puy de Dôme. Principalement dédié à Mercure, ce grand sanctuaire à terrasses est un haut-lieu de pèlerinage. Le temple était principalement dédié au protecteur des voyageurs et des commerçants, Mercure Dumias (du Dôme), déjà vénéré auparavant, sous d'autres appellations. Bénéficiant d'un point de vue idéal sur la capitale de la cité Augustonemetum (Clermont-Ferrand) le sanctuaire est exposé à la vue de tous. Les vestiges du temple sont découverts à la fin du XIXe siècle, mais ce sont les fouilles effectuées depuis une vingtaine d’années qui ont permis de révéler son importance.
Caractéristiques : l'architecture du temple de Mercure associe des traits classiques (vaste pronaos) à des caractères gallo-romains (cella carrée bordée d'une galerie sur trois côtés). Par sa composition architecturale, ses dimensions (3 600 m²) et l'organisation de son accès par des terrasses étagées qui s'adaptent remarquablement au relief du puy de de Dôme, cet ensemble monumental peut être classé parmi des plus importants sanctuaires de pèlerinage de l'empire romain d'Occident.
Classement : classé Monument historique en 1889.

