Belle classique du calendrier professionnel, Paris-Bourges s’est éteinte en 2023, Arnaud Démare en demeurant le dernier lauréat. Paris-Nice rend souvent visite à Bourges, en mars dernier encore, quand Jonas Vingegaard s’était élancé victorieusement vers Uchon. Les féminines de la Grande Boucle y ont fait halte en 2001, pour un succès d’Olga Slyusareva. Et le Tour de France n’y avait donné qu’un départ vers Versailles, en 1973, avant d’y revenir, sous ses deux versions, l’été prochain.
- Chef-lieu du département du Cher
- Habitants : 64 200 (Berruyères et Berruyers), 102 200 dans la Communauté d’agglomération Bourges Plus, 299 000 dans le Cher
- ville-bourges.fr
BOURGES ET LE CYCLISME
Pendant plus d’un siècle, de 1913 à 2023, la capitale du Berry a consacré sur les routes de Paris-Bourges de grands noms du Tour de France : Jean Stablinski, Cyrille Guimard, Stephen Roche, Thomas Voeckler… mais aussi Barry Hoban, vainqueur en 1973 de la seule étape qui s’est élancée de Bourges, en direction de Versailles. C’est également sur ces terres que Jean Graczyk a affûté les talents qui lui ont permis de remporter sept étapes du Tour et Paris-Nice. En 2026, la 4e étape de la Course au soleil s’est élancée de Bourges, en direction d’Uchon, où Jonas Vingegaard avait pris le pouvoir.
Bourges est aussi la ville natale de Franck Pineau, qui participa au Tour de France à deux reprises avant de devenir directeur sportif à la Groupama-FDJ, équipe au sein de laquelle un autre Berruyer, William Bonnet, a effectué l’essentiel de sa carrière. Autre enfant du pays, Albert Bourlon, disparu en 2013 et célèbre pour avoir mené à bout la plus longue échappée du Tour de France : 253 km en 1947. On peut aussi citer Jean-Marie Cieleska, vainqueur de Bordeaux-Paris 1958 et qui participa au Tour à quatre reprises entre 1951 et 1955.
Chez les femmes, on note une arrivée d’étape de la Route de France 2015, enlevée par la double championne du monde italienne Giorgia Bronzini (2010 et 2011). Elle est depuis cette année directrice sportive pour la formation Visma I Lease a bike.
A VOIR :
Le Printemps de Bourges
En mélangeant têtes d'affiches grand public et découvertes, le festival offre depuis 1977 une semaine de concerts annuelle aux genres musicaux les plus divers se tenant dans plusieurs lieux de Bourges : 150 artistes et groupes dans les sept salles du festival, mais aussi de nombreux artistes sur les 4 scènes gratuites réparties des rives d'Auron à la place Séraucourt, et autant dans la vingtaine de bars de Bourges qui participent au Printemps dans la ville. Pour la 50e édition en 2026, les têtes d’affiche avaient été Patti Smith, Vanessa Paradis, Gims, Josman, Oxmo Puccino et Philippe Katerine.
L’édition 2027 aura lieu du 20 au 25 avril.
Cathédrale Saint-Étienne
Fondation : début de la construction en 1195
Style : gothique
Caractéristiques : à son édification, elle a été la plus grande cathédrale située au sud de la Loire, longue de 120 m et large de 41 m, avec une tour culminant à 65 m. C’est aussi un cas exceptionnel de cathédrale ne disposant pas de transept.
La petite histoire : la cathédrale sert de décor au film sur l'incendie de Notre-Dame de Paris, Notre-Dame brûle de Jean-Jacques Annaud sortie en 2022. Elle a été choisie pour sa ressemblance avec Notre-Dame de Paris.
Classement : Monument Historique en 1862 / inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1992.
Jardin de l’Archevêché
Création : XVIIIe siècle.
Histoire : créés en 1730 à l'emplacement du rempart de Philippe Auguste. La légende raconte qu'ils auraient été dessinés par un élève de Le Nôtre. Composés de deux parties bien distinctes : un jardin français prolonge l'ancien palais de l'Archevêché avec des plantes fleuries, des rideaux taillés, des boulingrins, enfin une partie très boisée.
Signe particulier : le kiosque à musique, qui date de 1908, est orné de quatre vases monumentaux en bronze représentant les quatre saisons.
Palais Jacques Cœur
Fondation : entre 1443 et 1451 par Jacques Cœur, marchand, négociant et Grand Argentier du roi de France.
Style : hôtel particulier, chef-d’œuvre de l’architecture civile de style gothique flamboyant.
Histoire : L’édifice construit de 1443 à 1451 par Jacques Cœur est l’un des tout premiers exemples de résidence gothique civile, symbole de la réussite du riche marchand devenu argentier du roi Charles VII. Il la voulait « belle, grande et magnifique » : elle était constituée de 43 salles, 8 escaliers, sur 4000 m2. Il érige sur la muraille gallo-romaine de Bourges, aux confins de la ville haute et de la ville basse, avec deux façades sur rue bien distinctes : une austère, à l’aspect fortifié, et une à l’architecture flamboyante, richement décorée. Son plan reprend celui des châteaux médiévaux, avec cour, tours et donjon, mais il est aussi un édifice d'un genre nouveau : l'hôtel particulier. Jacques Cœur veille sur l’avancée de sa construction dès que ses passages à Bourges le lui permettent, mais il confie le suivi à ses facteurs berruyers : Pierre Jobert et Guillot Trépant. Si son épouse Macée de Léodepart y réside à partir de 1447, Jacques Cœur ne profite guère de sa grant’ maison. Avant même la fin de la construction, suite à des plaintes et rumeurs, le roi le fait arrêter, juger et lui confisque ses biens. Différents propriétaires se succèdent dont le célèbre Colbert qui le revend en 1682 à la ville de Bourges. Utilisée dans un premier temps comme hôtel de ville, la maison de Jacques Cœur sera ensuite siège de différents tribunaux et palais de justice au XIXe siècle (d’où sa nomination de palais Jacques Cœur). Il subira alors de profondes transformations avant d’être inscrit sur la première liste des monuments historiques en 1840. En 1923, l’État en devient propriétaire et procède à sa remise en état.
Caractéristiques : avant-gardiste pour l’époque, le palais préfigure les hôtels particuliers de style Renaissance qui seront plus trad en vogue. Son agencement intérieur repose sur une distribution astucieuse qui permet la séparation des parties privées et des parties publiques. Les pièces, appartements privés, salles d’apparat, chapelle, cuisine, étuve et combles à destination de la domesticité, se succèdent tout en étant autonomes puisque chaque pièce donne sur un escalier, un couloir ou les deux. Le confort de la demeure donne à cette architecture la certitude d’un réel modernisme pour l’époque. Cette magnifique demeure foisonne de sculptures, de devises, de bas-reliefs, de faîtages , de gargouilles qui contribuent à asseoir le rang du propriétaire. De part et d’autre de l’édifice, la signature du propriétaire – un cœur pour son patronyme et une coquille pour son prénom – est inscrite sur les portes, les serrures, les décors sculptés… La grande devise de Jacques Cœur laisse entrevoir le destin fabuleux de ce personnage hors du commun : « À vaillant cœur, rien d'impossible » (« A vaillans cuers riens impossible »). Les bas-reliefs situés au-dessus de chaque porte d’entrée représentent une scène qui indique la fonction de la pièce. Comme par exemple, avant l’escalier de la chapelle, trois tympans signalent l’entrée et sortie de messe.
Destination actuelle : Hôtel de ville au XVIIe siècle, siège de tribunaux et finalement palais de justice à partir de 1820, il est maintenant géré par le Centre des Monuments Nationaux.
Classement : Monument Historique en 1840.
Hôtel Lallemant
Construction : XVe siècle.
Style : Renaissance.
Histoire : l’hôtel Lallemant a gardé le nom de ses constructeurs, Jean Lallemant, trois membres de même prénom d'une riche famille de marchands originaire d'Allemagne arrivée à Bourges au XIIIe siècle. Les bâtiments antérieurs ont été détruits par le grand incendie de Bourges en juillet 1487. La construction de l'hôtel eut lieu entre 1495 et 1518. L'ensemble constitue un exemple remarquable de la fin du style Louis XII et de la première Renaissance française.
Caractéristiques : il est bâti sur le rempart gallo-romain de la ville, d’où la présence de deux cours : la cour haute et la cour basse (actuel accès des visiteurs), séparées par quelques marches. Le décor Renaissance de l’extérieur est particulièrement élaboré autour des baies et sur les tourelles de la cour haute. La finesse de cette ornementation a fait supposer l'intervention d'une équipe d'artistes italiens. Le palais est orné d'un ensemble impressionnant de sculptures décoratives, sous forme de pilastres, corniches, chapiteaux, culs-de-lampe, colonnes, frontons, cheminées, médaillons, sous-faces de marches, moulures. Les décorations représentent des objets, comme les cornes d'abondance, coquilles, rinceaux, oves, flèches, tridents, coupes en feu, ou des personnages : un phénix, un fou, un aigle, des oiseaux, ou plus clairement identifiés, comme saint Christophe, Pâris fils de Priam. Sur le palier voûté, un moine au phylactère muet, un autre en prière, un troisième avec un livre ouvert, un autre veillant.
La petite histoire : l'interprétation des sculptures de personnages dans le sens ésotérique et alchimiste a été largement développé depuis Fulcanelli, Jacques van Lennep, ou Michel Bulteau.
Destination actuelle : Musée des arts décoratifs.
Classement : classé Monument historique en 1840.
Hôtel des Échevins
Construction : fin du XVe siècle.
Histoire : au XVe siècle, la ville est administrée par quatre prudhommes, qui se réunissent dans les dépendances du prieuré de la Comtale, détruit au cours du grand incendie de Bourges. Le maire et les échevins décident en 1489 de construire un hôtel de ville, édifié en 1490 par les sculpteurs Jacquet de Persigny et Jacquet Gendre. Un bâtiment à arcades fut construit de 1619 à 1623 à la place du pavillon reliant la tourelle d'angle avec le logis du XVe siècle par les architectes Jehan Le Juge et Gargault. Vendu comme bien national à la Révolution, il accueille l'école normale en 1833 et devient le Petit Lycée, qui dépendra plus tard du lycée du nom d'un de ses anciens élèves, Alain-Fournier.
Caractéristiques : l'hôtel des Échevins est constitué d'un corps de logis, flanqué d'une tour-escalier rappelant celle du palais Jacques-Cœur de Bourges. Comme nombre des hôtels particuliers de la ville, l'édifice fut construit à cheval sur les remparts gallo-romains. C'est à l'architecte Jehan Lejuge que l'on doit la galerie perpendiculaire, construite dans le style Renaissance, en 1623.
Destination actuelle : musée d’art.
Classement : classé Monument historique en 1886.

