C’est à l’arrivée de la 2e étape à Sheffield que Vincenzo Nibali prit le premier Maillot Jaune de son Tour de France victorieux, en 2014. Plusieurs coureurs de renom sont originaires de Sheffield et son agglomération, notamment Malcolm Elliott, vainqueur d’étapes et du classement par points de la Vuelta en 1989. Ainsi que cinq champions de Grande-Bretagne sur route : Ron Coe (1957, 1958, 1959), Brian Jolly (1973), John Tanner (1999 et 2000), Adam Blythe (2016) et Ben Swift (2019 et 2021).

  • Ville du comté du Yorkshire du Sud (Grande Bretagne)
  • Habitants : 564 000 (Sheffieldoises et Sheffieldois), 1 345 000 dans le comté du Yorshire du Sud, 5 500 000 dans la région du Yorkshire-et-Humber
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SHEFFIELD ET LE CYCLISME

Sheffield est entré dans la légende du Tour de France en 2014 avec la victoire de Vincenzo Nibali, futur vainqueur de cette édition, au terme d’une étape d’anthologie dans les monts du Yorkshire noirs d’une foule compacte, où le « Requin de Messine » avait établi sa domination sur ses rivaux. L’étape avait tellement marqué les esprits qu’elle avait fait du Yorkshire le nouveau fief du vélo en Angleterre. La ville de l’acier a d’ailleurs souri aux Italiens puisque Luca Paolini et Pippo Pozzato y avaient successivement enlevé une étape du Tour de Grande-Bretagne en 2005 et en 2006.

Digne héritier de la tradition du sprint britannique, Malcolm Elliott, enfant de Sheffield, est un peu le chaînon manquant entre Barry Hoban et Mark Cavendish. Endurci sur les routes du Yorkshire il participa à deux Tours de France et s’imposa sur trois étapes de la Vuelta espagnole à la fin des années 80, enlevant même le maillot du classement par points en 1989. À cette époque, le sprinteur anglais a laissé son nom dans une bonne partie des villes du pays avec 17 étapes remportées au total sur la Milk Race. Champion de Grande-Bretagne sur route en 1992, Il s’adjugea également deux titres aux Jeux du Commonwealth en 1982 et participa aux Jeux olympiques à deux reprises, en 1980 sur piste et en 1996 sur route. Modèle de longévité, Malcolm Elliott a mis fin à sa carrière continentale à 36 ans en 1997 avant de replonger en 2003, à l’âge de 41 ans, dans des formations britanniques. Il raccrocha définitivement en 2011, à 50 ans ! Un autre coureur de Sheffield, Adrian Timmis, participa au Tour de France en 1987. Chris Walker fut également un excellent pro trop cantonné à son île. Plus près de nous, Adam Blythe, autre enfant du pays, a été champion national en 2016 et fait aujourd’hui les beaux-jours d’Eurosport et TNT Sports en tant que consultant.


À VOIR :

Sheffield Winter Garden

Inauguration : 2003
Histoire et caractéristiques : le jardin d’hiver de Sheffield est l'une des plus grandes serres tempérées construites au Royaume-Uni au cours des cent dernières années. C’est la plus grande serre urbaine d'Europe. Elle abrite plus de 2 000 plantes du monde entier. Conçue par Pringle Richards Sharratt et Buro Happold, elle a été inaugurée en mai 2003 par la reine Elisabeth II. Elle mesure environ 70 mètres de long et 21 mètres de haut. Le bâtiment bénéficie d'une protection contre le gel et est l'un des plus grands bâtiments en bois lamellé-collé du Royaume-Uni. Le bois utilisé est le mélèze, un bois durable qui réduit l'utilisation de solvants et évite l'utilisation de produits chimiques nocifs pour les plantes. Le bâtiment est équipé d'un système de gestion technique intelligent qui contrôle les ventilateurs et les bouches d'aération pour assurer la fraîcheur des plantes en été et leur maintien au chaud en hiver.

Sheffield Botanical Gardens (Jardins botaniques de Sheffield)

Ouverture : 1836.
Histoire : la Société botanique et horticole de Sheffield, fondée en 1833, a fait l’acquisition l’année suivante, grâce à une levée de fonds, de 73 000 m2 de terres agricoles appartenant à un tabatier local. Les jardins ont été conçus par Robert Marnock et ont ouvert leurs portes le 29 juin 1836 : 12 000 personnes ont visité les jardins lors de leur ouverture à l’été 1836.
Le Town Trust de Sheffield a pris en charge la gestion des jardins à la fin du XIXe siècle et supprimé le droit d’entrée en vigueur et, depuis lors, l’accès est resté gratuit.
Caractéristiques : les pavillons et serres, œuvres de Benjamin Broomhead Taylor, restaurés et rouverts en 2003, constituent l’élément le plus remarquable des jardins. Parmi les autres structures notables, on peut citer la porte d’entrée principale, la loge de l’entrée sud et une fosse aux ours abritant une statue en acier de 8' de haut représentant un ours noir d’Amérique baptisé Robert l’Ours. Les jardins abritent la collection nationale des arbustes Sarcococca, Weigela et Diervillé, qui leur est étroitement apparenté.
La petite histoire : afin d’attirer du public dans les jardins après leur ouverture, on organisa des vols en ballon. Le premier eut lieu le 3 octobre 1837, où Margaret Graham s’éleva en altitude et largua un singe muni d’un parachute qui atterrit sans encombre au sol. Classement : classés grade II

Musée de Kelham Island

Inauguration : 1982.
Histoire : Sheffield a joué un rôle de premier plan lors de la Révolution industrielle et a mis ce patrimoine à l'honneur au musée de Kelham Island, où sont exposés les objets qui ont fait la grandeur et la richesse de la cité de l'acier. L'île sur laquelle se trouve le musée résulte de la construction au XIIe siècle d'un bief qui détournait l'eau de la Don pour alimenter un moulin. Elle porte le nom d’un meunier du XVIIe siècle, Kellam Homer. Le site est ensuite occupé par la fonderie Crowley de 1829 à 1890, puis par une centrale électrique et des entrepôts. Ce sont les locaux aujourd'hui occupés par le musée. Le musée a beaucoup souffert de l'inondation de Sheffield de juillet 2007, avec plus d'un mètre d'eau dans les bâtiments, causant 1,5 million de £ de dégâts. Il a été parfaitement restauré.
Caractéristiques : le musée abrite des expositions sur la science et l'industrie à Sheffield, notamment des reconstitutions d'ateliers artisanaux et le plus grand convertisseur Bessemer d'Angleterre encore intact. Le musée organise des visites pour les scolaires ainsi que des démonstrations du moteur de la rivière Don de 1905, une machine à vapeur de 12 000 chevaux (9 MW), qui alimentait à l'origine un laminoir de tôles blindées. Il permettait notamment de presser l'acier destiné aux réacteurs nucléaires. Le musée abrite également le prototype de l'automobile Sheffield-Simplex, l'un des trois seuls qui subsistent. Le musée possède de vastes archives photographiques. De 2009 à 2021, le musée abritait l'atelier d'un coutelier qui faisait des démonstrations de son métier.

Hameau industriel d’Abbeydale

Construction : XVIIIe siècle.
Histoire : Le hameau industriel d’Abbeydale est un site industriel unique et classé datant du XVIIIe siècle. Initialement appelé Abbeydale Works, ce site était autrefois un lieu de fabrication d’outils agricoles et le plus grand site industriel alimenté par l’énergie hydraulique sur la rivière Sheaf. Les principaux produits de l’usine étaient des faux agricoles, mais d’autres outils tranchants y étaient également fabriqués, tels que des crochets à herbe et des couteaux à foin.
Caractéristiques : on peut y découvrir la maison du directeur et la maison des ouvriers, des roues à aubes, des ateliers, des marteaux basculants, une cuve de broyage, une machine à vapeur ainsi que le dernier four à acier à creuset complet encore existant au Royaume-Uni.
Classement : bâtiments classés grade I et grade II.

Millennium Gallery

Ouverture : 2011.
Histoire : inaugurée en 2001, la galerie possède plus de 13 000 objets liés au passé industriel de la cité de l’acier. Le bâtiment est principalement constitué de béton et de verre, avec une série de galeries s'étendant à partir d'une allée centrale. En 2011, la galerie a été classée 15e attraction gratuite la plus visitée du pays par Visit England.
Collections : la galerie abrite deux collections permanentes et deux espaces d’exposition temporaires. La plus prestigieuse est la collection constituée par l’érudit victorien John Ruskin en 1875 au St George’s Museum de Walkley (Sheffield) dont il espérait qu’elle inspirerait la main-d’œuvre de Sheffield. Elle comporte des aquarelles, des dessins, des gravures, des moulages en plâtre, des minéraux, des livres illustrés, des manuscrits et de pièces de monnaie. La galerie qui l’accueille a été rénovée en 2011 afin de permettre une rotation plus fréquente des pièces de la collection. La collection d’objets en métal de Sheffield comprend plus de 13 000 pièces, classée, comprend le plus vaste ensemble existant de couverts, d’ustensiles de table (fourchettes et cuillères) et d’objets creux (bols, théières, récipients) fabriqués à Sheffield et a été constituée pour mettre en valeur le savoir-faire local. Les espaces temporaires sont consacrés au design et aux Beaux-Arts.
La petite histoire : Marcel Proust, admirateur et traducteur de Ruskin en français, a écrit de sa collection : « Son catalogue est comme un condensé de tous les arts et de toutes les sciences. On y trouve des photographies de tableaux des maîtres côtoyant des collections de minéraux, comme dans la maison de Goethe. »

Weston Park Museum

Ouverture : 1875
Histoire : le musée a ouvert en 1875 à Weston House, dont le domaine est devenu par la suite le parc. Une extension néoclassique a été ajoutée en 1887. La Mappin Art Gallery a été construite pour abriter la collection d'œuvres léguée par l'homme d'affaires John Newton Mappin. Weston Hall a été démoli dans les années 1930 et reconstruit en 1937. En décembre 1940, la Mappin Art Gallery fut touchée de plein fouet lors du Blitz de Sheffield et n’a pu rouvrir qu’en 1965. Les deux bâtiments ont fermé en mars 2003 pour une rénovation complète et ont rouvert en octobre 2006 sous le nom de Weston Park Museum après la jonction des deux bâtiments. Une restauration a également eu lieu en 2016. Le musée de Weston Park accueille environ 250 000 visiteurs par an et a été nominé pour le prestigieux prix Gulbenkian en 2007. En 2008, le musée a remporté le prix des « musées adaptés aux familles » décerné par The Guardian.
Collections : le musée compte sept galeries : la Royle Gallery ; Vies et époques de Sheffield ; Sous vos pieds ; Égypte ancienne ; What On Earth ! ; Histoires de Sheffield et Décrire Sheffield.
Signe particulier : le musée abrite l’une des stations météorologiques les plus anciennes du pays, qui fournit des données sur la météo de Sheffield depuis 1882.
Classement : classé grade II.

Hôtel de ville

Construction : fin du XIXe siècle.
Histoire : la Reine Victoria a inauguré l'Hôtel de Ville le 21 mai 1897, sept ans après le début des travaux de construction en 1890 sous l'architecte Edward William Mountford. Le bâtiment marquait une période de prospérité économique à Sheffield, capitale de l’industrie sidérurgique.

Caractéristiques : c’est est un bâtiment en pierre de six étages avec des éléments Renaissance et d'une tour d'horloge de 64 mètres couronnée d'une statue de Vulcain. La structure domine le centre-ville avec sa façade ornée et ses détails décoratifs. Le bâtiment présente des frises représentant les industries de Sheffield et abrite une collection publique d'argenterie reflétant l'héritage manufacturier de la région. Ces œuvres d'art racontent l'histoire de la puissance économique qui autrefois définissait la ville.
Signe particulier : le beffroi a été équipé d'un système de cloches électronique en 2002 qui sonne toutes les heures dans le centre-ville. Ce système permet au mécanisme historique de fonctionner avec précision tout en marquant le rythme de la vie quotidienne de la ville.
À noter : le bâtiment est accessible pour des visites guidées et des événements, avec des activités culturelles programmées régulièrement. Les visiteurs peuvent explorer les espaces publics et profiter des vues depuis la tour d'horloge lorsque des visites sont disponibles.
Classement : classé grade II.

Cathédrale de Sheffield

Construction : 1200 à 1966.
Histoire : le site de la cathédrale a une longue histoire liée au christianisme. Le fût de la Croix de Sheffield (IXe siècle), qui aurait autrefois été érigée à cet endroit, est conservé au British Museum. Le première église paroissiale a sans doute été construite au XIIe siècle par William de Lovetot, à l’extrémité de la ville opposée au château de Sheffield. Elle fut détruite par un incendie en 1266 pendant la deuxième guerre des barons contre le roi Henri III. Une autre église fut achevée en 1280, mais démolie puis reconstruite vers 1430. La chapelle Shrewsbury fut ajoutée au siècle suivant et une sacristie (aujourd’hui la chapelle Sainte-Catherine) bâtie en 1777. Une restauration majeure fut achevée en 1880. En 1914, l’église fut désignée cathédrale du diocèse de Sheffield nouvellement créé. Des plans furent élaborés par Charles Nicholson pour l’agrandir, mais en raison de la Seconde Guerre mondiale, ils furent revus à la baisse. Ce ajouts confèrent à l'église une forme de plan bizarre, mais lui donnent une impressionnante façade sud.

Caractéristiques : le mur est du sanctuaire comporte des pierres provenant de l'église du XIIIe siècle. Le sanctuaire et le chœur datent du XVe. L'église cruciforme de cette époque comprenait également des galeries et une chapelle, dont on peut voir les traces sur les murs. Le toit du chœur date probablement du XVIe siècle. La chapelle de Shrewsbury a été construite afin d’abriter les monuments funéraires des comtes de Shrewsbury de l’époque Tudor. Plusieurs membres de la famille sont inhumés dans la crypte. Lors de travaux de restauration en 2013, on a découvert que plusieurs de ces cercueils avaient disparu. Dans les années 1900, le projet de Sir Charles Nicholson prévoyait un réalignement radical de l’axe de l’église de 90 degrés, mais il n’a pu être mené à terme.
Signes particuliers : la cathédrale a été endommagée à deux reprises par le feu à l’époque contemporaine. En 1979, l’incendie s’était déclaré dans le clocher puis propagé au reste de l’édifice. Malgré d’importants dégâts, la structure n’avait pas été gravement atteinte. En 2020, en pleine crise du Covid, un autre incendie d’origine criminelle avait pris depuis un local dédié aux œuvres caritatives. Une femme de 40 ans avait été arrêtée.
Classement : classée grade I.

Crucible Theatre

Ouverture : 1971

Histoire : le Crucible Theatre a été construit par MJ Gleeson entre 1969 et 1971. Il est achevé en deux ans, à temps pour le spectacle d'ouverture comprenant des fanfares, un divertissement pour enfants et le Chant du cygne d'Anton Tchekhov. Ce spectacle visait à démontrer la polyvalence de la scène (Crucible signifie « creuset »), adaptée à la fois à la danse et au concert, mais aussi au théâtre classique et moderne. Il peut accueillir 980 spectateurs et accueille des productions en tournée, ainsi que le championnat du monde de snooker depuis 1977.

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