SISTERON ET LE CYCLISME
Si les concurrents de Paris-Nice connaissent bien Sisteron, qui y a fait régulièrement étape – la dernière fois en 2024 pour une victoire d’Olav Kooij –, le Tour de France messieurs ne s’est rendu au pied de la citadelle qu’à deux reprises, en 2010 pour un départ et en 2020 pour une arrivée en ville. Ce jour-là, Caleb Ewan s’était imposé dans un sprint massif devant Sam Bennet et Giacomo Nizzolo. En 2010, la ville était le tremplin d’une chevauchée ponctuée à Bourg-les-Valence par une victoire au sprint de Mark Cavendish. Cette première tombait bien, car la ville a eu, sur la Course au Soleil, l’étrange particularité de sacrer à trois reprises un coureur qui remportait ainsi sa première victoire pour sa nouvelle équipe... En 1999, Jacky Durand signait ainsi son premier succès sous les couleurs de l’équipe Lotto. Deux ans plus tard, c’est Alex Zülle qui signait son unique victoire pour la formation Team Coast. En 2008, Carlos Barredo, vainqueur à Sisteron, n’avait jamais remporté la moindre course pour sa formation Quick Step... En 2018, c’était presque le cas pour Jérôme Cousin, qui venait de réintégrer l’équipe Direct Energie après une saison chez Cofidis. Le Critérium du Dauphiné a aussi fait étape plusieurs fois à Sisteron, la dernière en 2015, où Nacer Bouhanni l’avait emporté.
Le peloton pourra redécouvrir le panorama vertigineux de la citadelle et les suiveurs goûter au savoureux agneau qui fait la réputation gastronomique de la « porte de la Provence ».
À VOIR
La citadelle
- Construction : XIIe, XIVe et XIXe siècles.
- Caractéristiques : elle est constituée d'éléments de diverses époques. Le rempart supérieur et le chemin de ronde datent du XIIe, le niveau intermédiaire du XIVe et les forts du premier niveau ont largement été remaniés au XIXe. Les travaux qui se sont déroulés de 1842 à 1860 ont suivi les recommandations faites 200 ans plus tôt par Vauban, qui marqua cet édifice de son empreinte comme Jehan Sarrazin, l’ingénieur militaire d'Henri IV. La visite de la citadelle contient des passages obligés : le petit donjon aux marches étroites surmonté d'une cloche où Richelieu enferma Jean Casimir Vasa, qui sera roi de Pologne en 1648, ou le grand escalier creusé dans la roche qui permet d’atteindre la porte Nord de la ville.
- Signe particulier : la citadelle est démilitarisée en 1920.
- Classement : classée Monument historique en 1925 et 2015.
- Site Internet : https://www.citadelledesisteron.fr/
Musée gallo-romain
Le musée se situe dans l’immeuble d'Ornano. Ce dernier fait partie des phases de réhabilitation et de redynamisation du centre ancien. Il offre un écrin à 3 pôles culturels : le musée gallo-romain, l’espace d'Ornano et les archives anciennes.
Le musée gallo-romain de Sisteron présente, dans son exposition permanente, les pièces majeures découvertes lors de fouilles archéologiques conduites à Sisteron et Bevons, village voisin, respectivement en 1946 et 1964. Statuaire, décor d’architecture, objets du quotidien, les collections, labélisées Musée de France proposent de découvrir les rites funéraires à l’époque gallo-romaine ainsi que, au travers de deux exemples, l’architecture des mausolées antiques. L’exposition permanente permet un éclairage ciblé sur l’histoire antique de la ville dans une mise en scène résolument contemporaine, évolutive et interactive.
Ancienne cathédrale
- Construction : XIIe, XIIIe et XVIIe siècle.
- Style : roman et lombard.
- Histoire et caractéristiques : l’ancienne cathédrale Notre-Dame et Saint-Thyrse, plus connue sous le nom de Notre-Dame-des-Pommiers (altération du mot "pomœrium" désignant l’espace entre les habitations et les remparts) mêle harmonieusement art roman et architecture lombarde. Cet édifice divisé en trois nefs aboutissant chacune sur une abside est bâti au XIIe siècle et est agrandi par la construction de plusieurs chapelles latérales entre la fin du XIIIe siècle et le XVIIe siècle. L’ancienne cathédrale est le seul témoin du groupe épiscopal primitif. L’ensemble est dominé à l’extérieur par un clocher comprenant une chapelle haute, coiffée d’une flèche érigée au XIXe siècle et un second clocher octogonal. Le dôme surmonte une coupole et présente une galerie ornée de délicates colonnettes. Le portail principal est encadré à l’extérieur par de fines colonnes surmontées d’ornements humains, bestiaires et végétaux.
- Signes particuliers : l’édifice abrite de nombreux tableaux dont les plus anciens remontent au XVIe siècle. L’œuvre majeure est un retable sculpté par Lalozière au XVIIe siècle et servant d’écrin à deux toiles du peintre Nicolas Mignard : la plus grande représente la Sainte Famille entourée d’anges musiciens et la seconde le Père Éternel. À proximité immédiate de la cathédrale, l’ancien couvent de la Visitation est situé à l’emplacement d’une partie du groupe épiscopal primitif. Sa chapelle ornée de fresques abrite le Musée Terre et Temps ouvert gratuitement à la visite d’avril à septembre.
- Classement : classée Monument historique en 1840.
Tours de Sisteron
- Construction : XIVe siècle.
- Histoire et caractéristiques : sauvées de la destruction par Prosper Mérimée, cinq tours subsistent de l'enceinte construite en 1372-1373, arrondies vers l’extérieur et ouvertes face intérieur de la ville, avec des portions de muraille, éléments classés monuments historiques. Ces cinq tours portent chacune un nom : la tour du Fort au pied de la Citadelle, la tour des Gens d’Arme à proximité de la Poste, la seule ayant été habitée et possédant un toit, la tour de La Médisance à proximité de la Cathédrale, qui a conservé l'escalier intérieur qui donnait accès aux galeries de bois (hourds) prenant appui sur les corbeaux qui les couronnent et les brodent aujourd'hui, la tour Notre-Dame et la tour de la porte Sauve car cette tour juxtaposait la porte par laquelle s’enfuirent un millier de protestants en 1591.
- Classement : classées Monument historique en 1875.

