DIJON ET LE CYCLISME
Le Tour de France a fait étape à Dijon à quatorze reprises, mais n’était pas revenu en ville depuis plus d’un quart de siècle et la victoire de Mario Traversoni en ville en 1997 lorsque Dylan Groenewegen s’y est imposé au sprint en 2024 devant Biniam Girmay et Fernando Gaviria. Dix ans plus tôt, Jean-François Bernard y avait signé une spectaculaire victoire contre-la-montre devant Stephen Roche, qui lui assurait la troisième place au général derrière l’Irlandais et Pedro Delgado. La veille, c’est Régis Clère qui avait levé les bras au terme d’une étape partie de Saint-Julien-en-Genevois. C’était la dernière des trois victoires du Français sur le Tour de France. C’est également à Dijon que cet infatigable baroudeur est décédé en 2012 des suites d’une opération chirurgicale. Champion de France sur route en 1982, il a remporté à deux reprises le prix de la combativité de la Grande Boucle, en 1982 et 1987.
Dijon a également reçu le Tour de France féminin sous ses diverses appellations à quatre reprises. En 1987, en marge du Tour masculin, c’est la Soviétique Alla Jakovleva qui l’avait emporté. En 2005, l’Australienne Emma Rickards s’y était imposée dans la Grande Boucle féminine internationale, imitée le lendemain par la Norvégienne Anita Valen. Enfin en 2008, l’Allemande Ina-Yoko Teutenberg avait dominé le prologue de la Route de France féminine dans les rues de la ville.
Créée en 1889, Dijon-Auxonne-Dijon, courue au mois d’avril, est la plus ancienne course amateurs en France.
Dijon est également la ville natale de Geoffrey Bouchard, vainqueur du Grand Prix de la montagne sur le Giro et la Vuelta, et qui n’a disputé le Tour de France qu’une seule fois, en 2022. La préfecture de la Côte d’Or a aussi accueilli le Critérium du Dauphiné en 2009 et Paris-Nice à trois reprises dans les années 1930 et 1940.
À VOIR :
Palais des Ducs de Bourgogne
- Construction : 1364 à 2006.
- Styles : gothique, Renaissance, classique.
- Histoire : l’actuel palais ne fut jusqu’au IXe siècle qu’un simple château ducal adossé aux murs du castrum du IIIe siècle. Il est entièrement reconstruit par le premier duc de la maison de Valois, Philippe II de Bourgogne dit Philippe le Hardi, et ses trois successeurs : façade flamboyante, logis ducal de 1448 à 1455, grande salle des festins et cuisine ducale de 30 cuisiniers en 1433. L’un des premiers éléments de la construction fut la tour de Bar, de trois étages et pourvue de vastes salles. L’aile orientale était constituée par la chapelle particulière des princes de Bourgogne. Elle fut détruite en 1802 pour construire le théâtre. La grande salle du palais, dite salle des gardes, se trouve au premier étage du logis ducal. C’était le cadre des grandes fêtes de la cour de Bourgogne. La tour Philippe le Bon, haute de 46 m, domine encore aujourd'hui, tout le centre-ville de Dijon. Elle représente l'autorité ducale de Philippe le Bon, qui la fit construire vers 1460.
- Caractéristiques : le palais des ducs et des états de Bourgogne est un ensemble architectural comprenant plusieurs parties imbriquées. La plus ancienne, de style gothique, comprend encore un logis, les cuisines ducales (cour de Bar) et deux tours : la tour Philippe le Bon et la tour de Bar. La plus grande partie des bâtiments visibles aujourd'hui a cependant été bâtie dans un style classique, avec le dessin de la place royale, aujourd'hui place de la Libération.
- Destination actuelle : Musée des beaux-arts de Dijon et Hôtel de Ville de Dijon.
- Classement : Monument historique depuis 1862, puis 1926.
Cathédrale Saint-Bénigne
- Construction : 1280 à 1393.
- Styles : gothique et roman.
- Histoire : en 511 sous le règne de Clovis, l’évêque saint Grégoire de Langres fait construire la crypte pour y déposer le sarcophage de saint Bénigne de Dijon. Une basilique est construite sur la crypte. Elle est ensuite devenue une abbaye bénédictine, reconstruite entre 1001 et 1016. Les fouilles entreprises en 1976 ont montré que l’église préromane et sa rotonde étaient de tradition architecturale romaine, en utilisant des modes de construction lombards. En 1792, l'ancienne abbatiale est faite cathédrale du diocèse de Dijon créé en 1731 et la rotonde est démolie. Ses vestiges sont redécouverts accidentellement en 1844 et la rotonde est restaurée à partir de 1858 par Jean-Philippe Suisse sous la supervision d'Eugène Viollet-le-Duc.
- Caractéristiques : elle est située dans le centre sauvegardé de Dijon. L'édifice est dédié à saint Bénigne de Dijon, martyr chrétien du IIe siècle.
- Classement : Monument historique depuis 1846, puis 1862. Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco avec tout le secteur sauvegardé de Dijon depuis 2015.
Église Notre-Dame
- Construction : 1220 à 1240.
- Style : gothique.
- Histoire : à l’emplacement de Notre-Dame se trouvait avant la seconde moitié du XIIe siècle une simple chapelle, Sainte-Marie. Elle se situait d’abord hors des murs de la ville, et ne devint une paroisse intra-muros qu'en 1113. Vers 1150, la chapelle fut reconstruite dans le style roman. Elle devint alors le lieu de la prestation de serment du nouveau maire et le lieu de conservation des archives communales. À sa place, les Dijonnais élevèrent à partir des années 1220 l’église gothique actuelle. Notre-Dame étant située au milieu d'un quartier populaire, la place faisait défaut et l’architecte, resté inconnu, usa de nombreuses techniques inédites pour ériger l’église. L’église a été restaurée de 1865 à 1884 par les architectes parisiens Emile Boeswillwald, Eugène Millet et Charles Laisné, et non par Viollet-le-Duc comme il est parfois écrit par erreur. Les travaux consistèrent à rendre à Notre-Dame son aspect supposé d’origine.
- Caractéristiques : considérée comme un chef-d’œuvre d’architecture gothique, elle est située au cœur des 97 hectares du secteur sauvegardé de Dijon. Elle s’élève place Notre-Dame, à proximité du Palais des ducs et des États de Bourgogne. Cette église abrite la statue de Notre-Dame de Bon-Espoir, auparavant appelée Vierge noire. Elle s’orne aussi de deux symboles de la ville : le Jacquemart et la chouette.
- La petite histoire : dès le XVIIIe siècle, cette église a suscité l'admiration. Soufflot effectue des relevés, l’Académie la fait étudier. Vauban a dit de Notre-Dame qu'il ne manquait à « ce Temple auguste qu’une boîte pour l’enfermer. ». Au XIXe siècle, Eugène Viollet-le-Duc a écrit dans son Dictionnaire raisonné de l'architecture française que Notre-Dame de Dijon était « un chef-d'œuvre de raison. »
- Classement : Monument historique depuis 1840. Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco avec tout le secteur sauvegardé de Dijon depuis 2015.
Parlement de Dijon
- Construction : XVIe au XIXe siècles.
- Style : Renaissance.
- Histoire : le Parlement de Bourgogne est issu de l’ancien conseil des ducs, hébergé à Beaune en 1354 par le duc Philippe II. Après le rattachement du duché de Bourgogne à la France en 1477, le roi Louis XI décide son transfert à Dijon. En novembre 1480, Louis Ier d’Amboise procède à l’installation du nouveau parlement. Lors de l’épidémie de peste de 1499, les parlementaires se retirent à Beaune et ne consentent à regagner Dijon en 1507 qu’après la construction d’un nouvel édifice. En 1575 apparaît la Chambre des Requêtes, suivie en 1589 de la création de la Chambre des Enquêtes. Le Parlement est mis en congé par la Révolution française en 1789. Le Palais de justice de Dijon hébergea ensuite une cour supérieure provisoire, puis un tribunal d’appel, une cour impériale, une cour royale et enfin la Cour d'appel de Dijon.
- Classement : Monument historique depuis 1926.
Monastère des Bernardines (musée d’art sacré de Dijon)
- Construction : 1767
- Style : gothique.
- Histoire et caractéristiques : en application d’un décret royal, l’évêque de Langres, entreprend de transférer des Bernardines de Tart à Dijon en 1623. Elles demandent à un frère de la congrégation de l’Oratoire, Louis Trestournel, d’établir les plans de leur église construite de 1699 à 1709. À la Révolution française, les Bernardines sont chassées, le monastère est déclaré bien national et transformé en caserne, puis abrite des œuvres d’art. De 1803 à 1974 le monastère sert d’orphelinat. Depuis 1993, il abrite le musée de la vie bourguignonne Perrin de Puycousin et l’église a inauguré en 1980 le musée d'art sacré de Dijon.
- Classement : Monument historique depuis 1926.
Le Consortium
Installé depuis 2011 dans un bâtiment de 4 000 m2 conçu par l’architecte japonais Shigeru Ban, le Consortium fut lancé en 1977 au premier étage d’une librairie alternative, puis dans un ancien magasin situé en fond de cour sur la place du marché de Dijon. De jeunes universitaires y mirent en œuvre leur ambition d’exposer l’art de leur époque : accompagnés d’une poignée de passionnés, ses fondateurs Xavier Douroux et Franck Gautherot, organisèrent dès la fin des années 1970 des expositions avec les artistes de l’avant-garde. Salué en 2016 par le New York Times comme « le musée de l’ombre qui prédit l’avenir de l’art contemporain » le Consortium a depuis les années 2000 organisé les premières expositions en France de nombre d’artistes américains avant de faire redécouvrir l’œuvre de Yayoi Kusama, lui consacrant dès l’an 2000 une grande rétrospective.
La collection du Consortium, exposée en permanence au premier étage du bâtiment, compte plus de 350 œuvres, composant une véritable mémoire des expositions y ayant eu lieu. Le Consortium a également lancé une maison d’édition et une société de production audiovisuelle.

