NICE ET LE CYCLISME
Nice s’est affirmée à ces dernières années comme une ville-clef du Tour de France. Avant de bénéficier du privilège de devenir la première ville à accueillir l’arrivée finale du Tour loin de ses bases parisiennes en 2024, avec une victoire contre la montre de Tadej Pogacar, sa sixième de l’édition, la préfecture des Alpes-Maritimes avait eu l’honneur d’organiser le Grand Départ d’une édition déjà pas comme les autres, celle de septembre 2020, lorsque le covid-19 rendait la logistique particulièrement délicate. Ces premières étapes, remportées par Alexander Kristoff au sprint puis par Julian Alaphilippe, qui s’était paré de jaune, avaient marqué les esprits, notamment en raison de plusieurs chutes, dont l’une a sérieusement perturbé la fin de carrière de Thibaut Pinot.
Cette même année 2020, la Course by le Tour de France s’était déroulée autour de Nice et avait vu la Britannique Lizzie Deignan dominer au sprint le groupe des favorites, qui comprenait dans l’ordre Marianne Vos, Demi Vollering, Kasia Niewiadoma, Annemiek van Vleuten et Elisa Longo-Borghini ! C’était une plutôt bonne année pour la championne du monde 2015, qui a également remporté cette année-là Liège-Bastogne-Liège et le Grand Prix de Plouay (pour la troisième fois) avant de devenir, neuf mois plus tard, la première lauréate de Paris-Roubaix.
En 2013, pour la 100e édition du Tour de France, Nice avait renoué avec la Grande Boucle, trente-deux ans après avoir organisé le Grand Départ de 1981. De retour de Corse, l’équipe Orica Greenedge avait enlevé le contre la montre par équipes pour confier le Maillot Jaune à Simon Gerrans, déjà vainqueur d’étape à Calvi. La formation australienne allait garder les commandes pendant quatre jours, Gerrans passant le relais à son co-équipier Daryl Impey, premier Africain paré de jaune.
En 1981, Bernard Hinault avait échangé d’entrée sa tenue arc-en-ciel contre le Maillot Jaune en remportant le prologue. Lors des deux demi-étapes suivantes, on avait assisté à la victoire de Freddy Maertens puis à celle de la formation Ti-Raleigh dans un contre-la-montre par équipes, Gerrie Kneteman héritant alors du Maillot Jaune. « Nice la très fidèle », la devise latine de la ville, est d’ailleurs largement respectée avec, depuis 1906, trente-sept apparitions comme ville-étape du Tour de France masculin. Hormis ses rendez-vous avec la Grande Boucle, la préfecture des Alpes-Maritimes reçoit chaque printemps l’élite du cyclisme pour le final de Paris-Nice. Lors des quatre-vingt-trois éditions de la Course au soleil, quatorze vainqueurs du Tour de France s’y sont imposés. Six d’entre eux ont réalisé le doublé la même année, dont Egan Bernal en 2019.
Nice, c’est aussi la ville d’un des plus fameux chantres du vélo, l’écrivain Louis Nucéra, auteur d’un célèbre « Roi René » et de « Mes Rayons de soleil » où il raconte comment, en 1985, à l’âge de 57 ans, il avait refait à vélo le parcours du Tour 1949.
On ne compte plus par ailleurs les coureurs natifs de Nice. Citons parmi les plus célèbres : Lucien Teisseire, vainqueur de trois étapes entre 1947 et 1954, Pierre Molineris, vainqueur d’une étape en 1952 ou Charly Bérard, équipier fidèle de Bernard Hinault, qui disputa sept Tours de France. Plus près de nous, Clément Champoussin est également né à Nice, qui compte et a compté de nombreux résidents professionnels comme Matteo Jorgenson, Larry Warbasse ou Amaël Moinard.
À VOIR
La Promenade des Anglais
- Construction : 1931.
- Histoire : cette célèbre promenade maritime, toujours élégamment fleurie et qui épouse la courbe harmonieuse de la Baie des Anges, n’était à l’origine qu’un sentier large de deux mètres. C’est un Anglais, le Révérend Lewis Way, qui l’avait fait construire à ses frais en 1820. Il fut aussitôt baptisé par la population locale le « chemin des Anglais ». Dans sa forme définitive, avec deux chaussées séparées par un terre-plein planté de palmiers, la « Prom » fut inaugurée en 1931 par le Duc de Connaught, un des fils de la Reine Victoria. Comme la promenade n'est bordée de terrain que sur le côté nord, la numération (progressant dans le sens est-ouest) est d’abord continue au lieu d’aller de deux en deux puis progresse de numéro impair en numéro impair. Les premiers palaces (Le Royal, le Negresco), la villa Furtado-Heine, la villa Masséna (devenue le musée Masséna), ont leur entrée au nord, côté ville, parfois sur la rue de France même (route allant de Nice à la frontière avec la France), dos à la promenade : Nice était une station d'hiver, on y appréciait la douceur du climat, sa saison sèche en hiver, et on tournait le dos à la mer qui n'était pas encore un lieu de distraction. Le nom de « promenade des Anglais » peut ainsi être pris dans un sens péjoratif… il faut entendre que seuls les Anglais sont assez fous pour s'y promener.
- Classement : la promenade est inscrite au Patrimoine mondial de l'Humanité le 27 juillet 2021, dans le cadre de l'inscription de Nice au titre de la ville de villégiature d'hiver de la Riviera.
Place Masséna
- Histoire : le rouge de ses façades, les encadrements de fenêtres de couleur blanche, enfin les arcades, et la forme carrée de sa partie nord signent l’influence piémontaise dans l’architecture de ce lieu, centre de la ville et haut lieu du célèbre carnaval. Depuis sa construction progressive à partir des années 1820-1830 sur le modèle de la place Vittorio Veneto de Turin, la place Masséna s’est profondément inscrite dans le patrimoine niçois. Autrefois coupée en deux par le Paillon, elle n’a trouvé son unité qu’en 1884. Elle rend hommage au maréchal d’Empire André Masséna, niçois de naissance.
- Signe particulier : la place Masséna compte depuis 2007 sept statues en résine blanche à une dizaine de mètres au-dessus du sol. On remarque la position accroupie ou assise de ces scribes statufiés en haut de leur socle. Elles s'éclairent la nuit grâce à des jeux de lumière qui changent et qui font d’elles des hommes translucides qui s’illuminent de différentes couleurs selon l’instant. Elles ont été réalisées par le sculpteur catalan Jaume Plensa.
Cathédrale Sainte-Réparate
- Construction : 1650 à 1699.
- Style : baroque.
- Histoire : dans la première moitié du XVIe siècle est entériné le transfert de la cathédrale depuis la colline du château. En 1531, l’abbaye Saint-Pons accepte de céder au chapitre cathédral l’église Sainte-Réparate. Jugeant l’édifice trop petit, l’évêque Didier Palletis confie en 1649 à l'architecte Jean-André Guiberto, ingénieur militaire niçois, la construction d'un édifice plus vaste. Le 18 septembre 1658, la voûte de la nef s’effondre devant l’évêque Palletis, qui se blesse à la tête et meurt quelques heures plus tard. Le gros œuvre de la cathédrale se termine entre 1680 et 1682 et la cathédrale est consacrée en 1699. Au XVIIIe siècle, on entreprend la reconstruction du campanile démoli en 1651. À partir de 2009 commence une campagne de restauration pour mettre en valeur l’intérieur et la façade de la cathédrale.
- Caractéristiques : elle est le plus vaste sanctuaire du Vieux-Nice. Inspirée des modèles architecturaux romains du début du baroque, l’édifice s’organise selon un plan basilical en croix latine. Le décor des chapelles et du chœur est particulièrement somptueux et l’intérieur est inspiré de la basilique Saint-Pierre de Rome.
- Classement : Monument historique depuis 1906.
Hôtel Negresco
- Construction : 1912.
- Caractéristiques : construit sur la célèbre Baie des Anges par le grand architecte de l’Art nouveau, Édouard Niermans, pour le Roumain Henri Negresco, ce palace de la Belle Époque demeure l’unique palace-musée de Nice. Il abrite de nombreuses collections retraçant cinq siècles d’histoire de l’art. Les 100 chambres et 25 suites ont chacune leur propre décoration. Les styles des périodes les plus brillantes de l’art français y sont représentés de Louis XIII à l’art moderne. Classé récemment 5*, c’est l’un des plus beaux hôtels du monde.
- Histoire : il naît sous l’impulsion d’Henri Negresco, longtemps maître d’hôtel de clients richissimes comme la famille Rockefeller. Dans les années 1910, il décide d’édifier son propre hôtel de luxe à Nice. Le plan de l'hôtel adopté par Negresco rappelle celui du Grand Hôtel de Madrid construit par Niermans. En 1957, l’hôtel est racheté par Jean-Baptiste Mesnage, qui le confie à sa fille, Jeanne Augier, qui va acquérir des dizaines d’œuvres d’art et transformer le Negresco en véritable musée. À son décès, en 2019, l’hôtel est placé sous le contrôle d’une fondation dans l’attente du règlement de sa succession.
- La petite histoire : la légende raconte qu’Henri Negresco a fait construire une coupole rose ayant la forme du sein de sa maîtresse.
- Classement : Monument historique depuis 2003.
Château de Nice
Le château de Nice était un ouvrage fortifié à vocation militaire, présent du XIe au XVIIIe siècle sur une colline rocheuse, surplombant la baie de Nice. Après avoir subi plusieurs sièges, notamment en 1543 et 1691, il fut pris en 1705 par les troupes françaises puis détruit en 1706 sur ordre de Louis XIV. L'endroit est désormais connu comme parc et jardin, lieu culte pour les habitants et place incontournable pour les nombreux touristes. Ses nombreux panoramas époustouflants et accessibles du lever du jour jusqu’à la tombée de la nuit lui ont valu le surnom de « Berceau du soleil », tant le lieu offre des paysages magnifiques et variés, selon l’emplacement où l’on se trouve sur la colline, que ce soit au lever du soleil côté port de Nice et jusqu’à son coucher côté promenade des Anglais. Ce site est également très apprécié des photographes pour la vue plongeante et panoramique sur la baie des Anges et la promenade des Anglais. Tous les jours y est tiré un « coup de canon », en réalité un marron d’air pyrotechnique, signalant midi aux environs.
Allianz Riviera
- Construction : 2011 à 2013.
- Architecte : Jean-Michel Wilmotte.
- Caractéristiques : inauguré le 22 septembre 2013 après un chantier de près de deux ans, l’enceinte niçoise comprend 35 624 places dans sa configuration pour les matchs de football. L’OGC Nice y est club résident depuis. L’Allianz Riviera a accueilli plusieurs rencontres du championnat d’Europe de football 2016.

