GENÈVE ET LE CYCLISME

Avec dix visites du Tour de France masculin, plus de cent arrivées ou départs du Tour de Romandie, presque autant du Tour du Lac Léman, et vingt-quatre du Tour de Suisse, sans oublier le Dauphiné et le Giro qui y ont aussi fait étape, Genève a souvent eu l’occasion de voir passer la crème des pelotons masculin et féminin. Chez les messieurs, le dernier vainqueur en ville n’est autre que Remco Evenepoel, qui y avait remporté le contre-la-montre du Tour de Romandie 2025. Chez les femmes, la Polonaise Marta Lach s’y était imposée au sprint dans la boucle romande en 2022.

Pourtant, malgré sa proximité avec l’Hexagone, le Tour de France masculin ne s’est plus présenté en ville depuis 1990. Le Tour Femmes avec Zwift corrige cette année cette incongruité, pour le plus grand plaisir d’Élise Chabbey, qui est née et vit à Genève. La championne de Suisse 2020, maillot à pois du Tour 2025, est l’une des grandes personnalités du cyclisme féminin. Celle qui a également remporté le Tour de Romandie l’an dernier est médecin et a une carrière sportive aussi longue que variée puisqu’elle a participé aux Jeux olympiques de Londres en canoë en 2012 avant de gagner le semi-marathon de Genève en xxx. À 32 ans, elle a manqué d’un rien un podium lors des championnats du monde de Kigali, terminant à la 4e place. Parmi les autres coureurs nés à Genève, il faut mentionner Jakob Fuglsang, dont le père travaillait en Suisse dans les années 1980, mais aussi deux vainqueurs d’étape sur le Tour de France, René Binggeli (1967) et Serge Demierre (1983). On peut y ajouter Jacques Michaud, né de l’autre côté de la frontière, à Saint-Julien-en-Genevois, et vainqueur lui aussi d’une étape du Tour 1983.

Le dernier vainqueur sur le Tour de France à Genève est l’Italien Massimo Ghirotto, mais on notera que deux vainqueurs de la Grande Boucle s’y sont également imposés, Henri Pélissier en 1923 et Hugo Koblet en 1951. Le premier y avait bâti sa victoire finale en lâchant Ottavio Bottecchia, victime de coliques, pour franchir la ligne avec son frère Francis. C’était la dernière de ses dix victoires d’étape.

La victoire de Koblet en 1951 fut encore plus mémorable, puisque le Suisse s’y présentait en jaune à domicile à deux jours de l’arrivée à Paris. Le « pédaleur de charme » écrasa ce jour-là le contre-la-montre individuel de 97 km au programme, reléguant son second à près de cinq minutes et se permettant même de doubler des coureurs du calibre de Gino Bartali et Bernardo Ruiz ! La Suisse était en liesse pour sa deuxième victoire consécutive dans le Tour après celle de Ferdi Kubler l’année précédente.


À VOIR :

Le jet d’eau

  • Fondation : 1891
  • Histoire : Au XIXe siècle, Genève se développe rapidement : le besoin d'eau est impératif, tant pour l'industrie que pour les habitants. La ville décide la construction d'une usine hydraulique utilisant la force du Rhône à la Coulouvrenière, mise en service en 1886. Le soir, quand les artisans arrêtent leurs machines, il se produit des surpressions. Les machinistes de la Coulouvrenière doivent se précipiter pour arrêter les pompes, car ils ne peuvent prévoir à quel moment la surpression se produit. C'est alors qu'on a l'idée de créer un débit supplémentaire, grâce à une vanne de sécurité, qui permet de contrôler la pression en laissant s'échapper vers le ciel l'eau en surpression. En juillet 1891, à l’occasion des 600 ans de la Confédération suisse, le Conseil administratif de Genève, conscient de l'intérêt touristique de ce jet d’eau, décide de le recréer au bout de la jetée des Eaux-Vives, au cœur de la rade. Le nouveau jet d'eau, culminant alors à 90 mètres, est inauguré lors de la fête fédérale de gymnastique et mis en lumière le 2 août de la même année. Le jet d’eau actuel est inauguré en 1951 et atteint 140 m de haut. Une station de pompage autonome, partiellement immergée et utilisant l'eau du lac Léman, lui permet de fonctionner toute l'année.
  • La petite histoire : le 15 novembre 2015, le jet d'eau s'est paré des couleurs du drapeau tricolore français en solidarité avec les victimes des attentats de Paris du 13 novembre 2015. Il est interrompu entre le 20 mars et le 11 juin 2020 afin de marquer le semi-confinement dû à la pandémie de coronavirus.
  • Classement : bien culturel suisse d’importance nationale.

Palais des Nations

  • Construction : 1929 à 1937.
  • Style : classicisme dépouillé.
  • Histoire : après la fondation de la SDN, le 10 janvier 1920, Genève fut choisie comme siège de l'organisation. La ville fit don du terrain où se trouve actuellement le palais. La construction de celui-ci est soumise en 1926 à un concours d'architecture. Le jury charge en les architectes Carlo Broggi (it) (Italie), Julien Flegenheimer (Suisse), Camille Lefèvre et Henri-Paul Nénot (France) ainsi que Joseph Vago (Hongrie) d'élaborer un projet commun. Finalement, la première pierre d'un bâtiment de style néoclassique est posée le 7 septembre 1929. En 1933, le secrétariat de la SDN s'installe dans les parties terminées de la construction puis, en 1936, la plus grande partie du personnel installée dans le siège précédent (le palais Wilson) emménagent dans le bâtiment quasiment terminé. À la suite de la transmission du bâtiment aux Nations unies, fondées en 1945 pour prendre la succession de la SDN, le complexe est agrandi à différentes reprises. Entre 1950 et 1952, le bâtiment K est rehaussé autour de trois étages supplémentaires, alors que le bâtiment D est construit pour accueillir le siège temporaire de l'Organisation mondiale de la santé. Le bâtiment E est construit entre 1968 et 1973 pour abriter un centre de conférences. Au terme de ces extensions, le complexe s'étend sur environ 600 mètres de long et abrite 34 salles de conférences ainsi qu'environ 2 800 bureaux.
  • Caractéristiques : le palais des Nations est un complexe de bâtiments construits entre 1929 et 1937 au sein du parc de l'Ariana à Genève. Il sert de siège à la Société des Nations (SDN) jusqu'en 1946, puis est occupé par l'Organisation des Nations unies. En 1966, le palais devient le siège européen des Nations unies (Office des Nations unies à Genève ou ONUG) et le second plus important de l'organisation après le siège de l'ONU à New York. Chaque année, le quartier général genevois des Nations unies accueille environ 8 000 réunions dont près de 600 grandes conférences. Quelques secteurs du palais sont accessibles aux visiteurs qui sont au nombre d'environ 100 000 par an.
  • La petite histoire : En 2004, une installation d'écoute, d'un style rudimentaire, est découverte dans le salon français. En 2006-2007 ce sont trois installations d'écoutes qui sont découvertes dans la salle C-108, sans qu'il n'ait été possible de démontrer quels pays étaient responsables de cet espionnage.
  • Classement : bien culturel suisse d’importance nationale.

Musée Ariana

  • Ouverture : 1884.
  • Histoire : Gustave Revilliod, collectionneur et mécène, fait construire entre 1877 et 1884 par les architectes Émile Grobéty et Jacques-Élysée Goss un musée privé destiné à recevoir ses collections personnelles (céramiques, peintures, sculptures, monnaies, etc.). Par testament de 1890, Gustave Revilliod lègue le musée, ainsi que le domaine sur lequel il est construit, à la Ville de Genève. En 1929, afin d'ancrer la Société des Nations (SdN) à Genève, la ville de Genève accorde à la SdN un droit de superficie sur les 88 % du parc de l'Ariana pour y construire le palais des Nations, ne conservant que le musée Ariana et la petite partie du parc autour de celui-ci (28 000 m2). À la suite de cela, comme la vue sur le Léman et le mont Blanc est obstruée par les bâtiments de la SdN, l'entrée du musée qui se trouvait initialement face au lac est transférée à l'arrière. Rattaché au Musée d'art et d'histoire de Genève en 1934, le musée Ariana est par la suite spécialisé dans le domaine de la céramique (grès, faïence et porcelaine). En 1993, le musée est rouvert au public après douze ans de travaux de rénovation. En 1986, les collections de verre du Musée d'art et d'histoire avaient été transférées à l'Ariana, pour en faire un musée des arts du feu, et en 2000, la collection de vitraux du Musée d'art et d'histoire y sont transférées à leur tour. Dès lors, l'Ariana est le musée suisse de la céramique et du verre.
  • Classement : bien culturel suisse d’importance nationale.

Hôtel de ville de Genève

  • Construction : 1405.
  • Histoire et caractéristiques : une ébauche d’organisation politique est autorisée dès 1285 par les comtes de Savoie, mais l’évêque de Genève ne confirme les franchises communales qu’en 1387. En 1405, la commune achète plusieurs demeures pour y élever la première maison de ville. Les édiles décident en 1460 de l’agrandir et de transformer le corps de logis voisin de la tour Baudet. Reconstruisant en grande partie l’immeuble, on y installe l’actuelle «salle des Pas-Perdus» pour loger le Conseil ordinaire et celui des Cinquante. Une nouvelle et importante étape a lieu en 1488 et 1502, avec l’aménagement de l’actuelle salle du Conseil d’État. Cette nouvelle salle est décorée en 1501-1502, sans doute par le peintre genevois Hugues Boulard. Il ne reste aujourd’hui que des vestiges des premiers bâtiments. Le goût pour le style Renaissance, qui se répand à Genève dès les années 1510, s’accompagne d’un besoin nouveau de mettre en valeur la République de Genève. Dès 1553 commencent les discussions en vue de la construction de la tour de la rampe (1553-1584), dont l’imposant portail d’entrée est daté de 1556. La tour se présente comme un corps de bâtiment massif rectangulaire, pourvu d’une rampe montant en pente douce sans paliers intermédiaires.

    Les façades sur rue, occidentale et septentrionale, donnent aujourd’hui une impression d’homogénéité. Elles comptaient à l’origine deux étages, surmontés par un attique, lui-même surélevé en 1829-1832. Jusqu’au XVIIIe siècle, l’hôtel de ville continue à se développer et prend son extension maximale, occupant tout l’espace disponible.

    Dès 1700, sous la supervision de l’architecte Jean Vennes, d’importants travaux sont entrepris, comprenant la construction de l’aile sud destinée à recevoir la salle du Conseil des Deux-Cents, l’implantation d’un nouveau corps de bâtiment à l’est et l’achèvement de l’aile nord. Cette architecture du début du XVIIIe siècle est d’une extrême simplicité, avec de grandes fenêtres rectangulaires et, côté cour, sur les ailes est et sud, un appareil à refends qui confère à l’ensemble une élégante rigueur.
  • Classement : bien culturel suisse d’importance nationale.

Cathédrale Saint-Pierre de Genève

  • Construction : XIIe, XVe et XVIIIe siècles.
  • Histoire : la cathédrale protestante Saint-Pierre de Genève est depuis 1535 l'église protestante principale de Genève. Auparavant, elle fut pendant mille ans (dès la fin du IVe siècle) l'église cathédrale de l'évêque de Genève. Elle a été pour la dernière fois reconstruite entre les XIIe et XVe siècles, avec un portail datant du XVIIIe siècle. La cathédrale est aussi un « temple civique » où se tient l'assermentation du gouvernement cantonal (Conseil d'État).
  • Caractéristiques : l'avènement de la Réforme au XVIe siècle bouleverse l'intérieur de l'édifice, le vidant de tout ornement et recouvrant les décors polychromes du Moyen Âge. Seuls les vitraux sont épargnés et une partie du mobilier (les stalles). La cathédrale subit de nombreuses modifications à la suite de restaurations et de reconstructions, des guerres et des incendies successifs. À l'extérieur, les changements les plus visibles sont la construction de la tour sud, l'ajout du portique, l'adjonction de la chapelle des Macchabées — expression du gothique flamboyant réalisée vers 1400-1405 —, la reconstruction de la tour nord et la mise en place de la flèche en 1895. La façade néoclassique date du milieu du XVIIIe siècle, remplaçant la précédente de style gothique. Elle fut réalisée sur les plans de l'architecte Benedetto Alfieri entre 1752 et 1756. Un tribunal révolutionnaire donnant à la cathédrale le nom de Temple des Lois y est mis en place en 1794 et les cultes n'y sont plus célébrés jusqu'à l'occupation française de 1798. À l'intérieur, la cathédrale présente le plus vaste ensemble de chapiteaux romans et gothiques de Suisse (près de 300 éléments) tandis que les vitraux (identiques à ceux de la Renaissance qui sont au musée d'art et d'histoire) remontent au XIXe siècle.
  • Classement : la cathédrale Saint-Pierre de Genève a été inscrite en juillet 2009 dans la liste d'honneur « du patrimoine européen » en raison de son importante valeur historico-culturelle pour l’histoire européenne. Ce label certifie des monuments emblématiques de valeurs européennes et des relations entre les peuples.

Musée d’art et d’histoire

  • Ouverture : 1910
  • Histoire : un premier concours pour créer un musée central est lancé en 1886, sans succès. En 1900, c’est Marc Camoletti (1857-1940), avec son projet Casque 1602, qui l’emporte. Il est financé en grande partie par un legs de Charles Galland (1816-1901) à la Ville de Genève. Les travaux sont lancés en 1904 et s’achèvent en 1909. Le musée est inauguré le 15 octobre 1910.
  • Caractéristiques : conçu en 1910 comme le Grand Musée ou Musée central, destiné à réunir plusieurs fonds régionaux et des dons de collectionneurs, de fondations et de citoyens, le musée est riche d’œuvres majeures et de séries uniques qui en font une institution de référence. Peintures, sculptures, estampes, objets historiques et archéologiques dévoilent l’évolution de l’art et de la vie quotidienne sur plusieurs millénaires. Le MAH possède également une riche bibliothèque d’art et d’archéologie, mise à la disposition du public. Plus grande bibliothèque d’art en Suisse, elle contient une grande variété d’ouvrages en lien avec toutes les activités du musée.
  • Collections : avec des accents particuliers portés sur les écoles genevoise, française XVIIe, XVIIIe, XIXe), italienne (XVIe, XVIIIe) ou hollandaise et flamande (XVIe, XVIIe), le musée offre la possibilité de découvrir plusieurs moments clés de la peinture occidentale. Le maniérisme ou l’impressionnisme sont bien représentés, à l’instar d’artistes qui ont marqué l’histoire de leur empreinte. Parmi ceux-ci, Konrad Witz, Véronèse, Avercamp, Rubens, Pissarro, Monet, Cézanne, Bonnard, Vlaminck, Giambattista Pittoni, Picasso, Braque ou encore Giacometti et Bram van Velde. À leurs côtés viennent prendre place des ensembles monographiques uniques où l’on retrouve des œuvres signées Liotard, Calame, Corot, Hodler et Vallotton, ou encore de la peintre suisse Louise Catherine Breslau. Les artistes suisses contemporains, tels Markus Raetz, Olivier Mosset et John M Armleder, sont également à admirer.
  • Signe particulier : c'est le septième musée le plus visité de Suisse romande.
  • Classement : bien culturel suisse d’importance nationale.

Monument Brunswick

  • Construction : 1879.
  • Histoire : chassé de son pays en 1830, le duc Charles II de Brunswick part en exil à Paris avant de venir s'établir à Genève où il meurt en 1873. Par testament, il lègue sa fortune considérable à la ville à condition d'avoir « de belles funérailles et d’un monument à son nom ». Aucun mausolée n'ayant encore été bâti dans la ville, cette demande posthume suscite de nombreux débats avant qu'une décision soit prise de l'élever dans le jardin des Alpes, ancien port naturel du quartier des Pâquis. Le monument est construit par Jean Franel en 1879, comme réplique du tombeau des Della Scala à Vérone, flanqué de deux lions de pierre et d'une statue équestre (œuvre de Julien Cain) représentant le duc.

    Le coût du monument monte finalement à 1 768 386 francs. Une énorme dépense, mais la fortune héritée permet aux autorités « d’éponger la dette publique, élargir des rues, paver les chaussées, construire des abattoirs à La Jonction, une école d’horlogerie à Saint-Gervais, une école primaire aux Pâquis, en bref, combler les manques en matière d’équipement et d’assainissement ». Une fondation pour les infirmes et les convalescents est dotée de 500 000 francs. On crée des promenades publiques, on soutient l’orchestre municipal, et on construit le Grand Théâtre.
  • Classement : bien culturel suisse d’importance nationale.

Le CERN

Le laboratoire européen pour la physique des particules et couramment désignée sous l'acronyme CERN (du nom du Conseil européen pour la recherche nucléaire, organe provisoire institué en 1952, est le plus grand centre de recherche en physique des particules du monde. Il se situe à quelques kilomètres de Genève, en Suisse, à cheval sur la frontière franco-suisse, sur les communes de Meyrin, Prévessin-Moëns et Saint-Genis-Pouilly. Les anneaux des accélérateurs s'étendent sous les communes françaises de Saint-Genis-Pouilly et Ferney-Voltaire.
Le Portail de la science est le centre d'éducation et de communication de la science du CERN. Situé à côté du site de Meyrin côté suisse, ce projet a pour objectif d'enrichir et de diversifier les activités proposées aux visiteurs, dans le but de satisfaire la mission d'éducation de l'organisation. Il sert également d'accueil aux visiteurs et remplace les expositions situées jusqu'alors dans le Microcosm et le Globe. Le complexe du Portail de la science se compose de cinq bâtiments, dont deux tubulaires, évoquant l'architecture des accélérateurs de particules. Les bâtiments sont reliés par une passerelle continue traversant la route de Meyrin. Ils abritent trois espaces d'expositions (découvrir le CERN, les grandes questions de l’Univers et le mystère du Big Bang, les mondes quantiques), un laboratoire pour l'organisation d'ateliers, et un auditorium modulable pouvant accueillir jusqu'à 900 personnes. L'ouvrage a été conçu par l'agence Renzo Piano Building Workshop à partir de 2018. Le portail de la science a été inauguré le 7 octobre 2023. Le coût de cette structure s'est élevé à environ 100 millions de francs suisses, entièrement financés par des dons. Le CERN estime qu'il devrait accueillir jusqu'à 500 000 visiteurs par an

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