À l’arrivée, il n’y a qu’une seule gagnante. La course a opposé quelque 150 athlètes. La victoire n’a été possible que grâce à l’appui essentiel des coéquipières qui sacrifient leurs ambitions personnelles pour une championne supérieure. Mais le Tour de France Femmes avec Zwift ne consacre qu’une reine en jaune : Annemiek van Vleuten en 2022, puis Demi Vollering, Kasia Niewiadoma, et enfin Pauline Ferrand-Prévot à l’été 2025. Chacune sait ce qu’elle doit à ses partenaires, tout particulièrement aux lieutenantes qui les accompagnent le plus loin vers les sommets. Avant de consacrer une nouvelle vainqueure dimanche 9 août à Nice, le site officiel du Tour de France Femmes avec Zwift donne la parole à ces secondes dames d’exception, qui racontent leurs rôles auprès de « PFP », Kasia ou Demi, et dessinent un autre portrait des prétendantes au Maillot Jaune.
Marion Bunel : « Me dépasser avec mon idole, c’est un privilège » (I/V)
À 20 ans, Marion Bunel (Visma | Lease a Bike) s’est offert l’été dernier une petite place dans l’histoire de son sport en accompagnant son idole Pauline Ferrand-Prévot vers le sacre sur le Tour de France Femmes avec Zwift. La toute jeune grimpeuse avait seulement 10 ans lorsque la star française devenait triple championne du monde sur route, en cyclo-cross et en VTT. Leur première rencontre, en 2015, était celle d’une fan et d’une championne à part. Une décennie plus tard, Bunel a vécu un moment « irréel » en lançant Ferrand-Prévot vers la gloire sur les pentes menant au col de la Madeleine, lors de la huitième étape du Tour de France Femmes avec Zwift 2025. « Elle a très bien su me guider », se souvient celle qui a ensuite pris la troisième place de La Vuelta Femenina avec le soutien précieux de « PFP ».
Fan avant d’être lieutenante : « C’était une idole »
Née dans une famille de passionnés, elle-même pratiquante depuis son plus jeune âge, Marion Bunel a grandi dans l’admiration de Pauline Ferrand-Prévot, star précoce et renversante : en 2015, à 22 ans, elle portait l’arc-en-ciel simultanément sur la route, en cyclo-cross et en VTT. La petite Marion, qui a elle-même pratiqué le cyclo-cross (championne de Normandie dans la catégorie minimes), ne pouvait qu’être admirative du haut de ses 10 ans : « C’est une championne que j’admirais, même une idole. Avec ma grande sœur, on démarrait dans le vélo et on entendait partout le nom de Pauline en école de cyclisme, parce qu’elle était triple championne du monde. »
« Ça m’a fait bizarre de voir en vrai la championne que je voyais en photos dans les magazines, qui gagnait à la télé », se souvient Bunel, qui a rencontré son idole pour la première fois en 2015, lors d’une soirée organisée par l’association Elles à vélo. « C’était un événement à Saint-Quentin-en-Yvelines pour promouvoir le cyclisme féminin », raconte Bunel. « Elle était très gentille, très chaleureuse. » La jeune fan en profitait pour faire dédicacer des photos et même un maillot arc-en-ciel. « Elle avait vraiment pris le temps de passer un bon moment avec nous. »
De l’admiration à l’intimité : « J’ai découvert quelqu’un de très, très relax »
Au moment de s’engager avec l’équipe Visma | Lease a Bike, au cours de l’été 2024, Marion Bunel ne mesurait pas encore ce qui l’attendait aux côtés de celle qu’elle avait admirée pendant l’enfance. « Je n’avais aucune idée que Pauline allait aussi rejoindre l’équipe », se souvient-elle. « Ensuite, je me suis dit : “C’est un truc de fou ce qui est en train de se passer !” Ça a encore augmenté d’un cran l’intensité du rêve que je vivais déjà. J’avais encore plus hâte de commencer avec l’équipe, parce que je savais que j’allais la rencontrer. C’était très impressionnant pour moi et ça a vraiment pimenté mon arrivée chez Visma | Lease a Bike. »
Avant les premiers stages en jaune et noir, les deux femmes se retrouvent en Suisse, sous le maillot de l’équipe de France, pour disputer les championnats du monde. « C’est elle qui est venue vers moi », s’émerveille Bunel. « Elle avait vu ma victoire sur le Tour de l’Avenir. Ça m’a fait plaisir et tout drôle quand même de me dire qu’elle savait ce que j’avais fait pendant l’été… On parle de Pauline Ferrand-Prévot ! »
« Ensuite, j’ai découvert quelqu’un de très, très relax, très agréable », poursuit la jeune lieutenante. « C’était aussi très intéressant de découvrir la personne derrière la championne. On a eu une très belle relation dès les premiers stages. Avec elle, c’est simple et efficace. On fait ce qu’on aime, du vélo, et on s’entend bien. » Les bases d’une association fructueuse sont posées. Leur relation est ensuite entrée dans une toute autre dimension à l’été 2025.
Objectif Tour de France Femmes avec Zwift : « Pendant trois semaines, on a monté les mêmes cols »
À la fin du printemps, Bunel apprend qu’elle va disputer son premier Tour de France Femmes avec Zwift. À 20 ans, elle doit même jouer un rôle majeur pour accompagner « PFP » en haute montagne. « À partir de là, j’enclenche véritablement la préparation », se souvient-elle. Dans ce domaine, la réputation de Ferrand-Prévot n’est plus à faire : « Il y a beaucoup de choses à apprendre de sa capacité à préparer un événement, c’est très inspirant », admire Bunel, aux premières loges avant le Tour de France Femmes avec Zwift 2025.
« On a fait un bon stage à Tignes », raconte la jeune coureuse. « Pendant trois semaines, on a monté les mêmes cols, fait nos entraînements ensemble. J'étais calée dans sa roue et mon but, c'était simplement d'essayer de survivre le plus longtemps possible. Certaines fois, on avait des exercices, six, huit minutes et c'était des minutes qui paraissaient interminables parce que c'était vraiment très intense dans l'effort. »
« Ce sont vraiment des moments inoubliables », poursuit-elle. « Me dépasser dans la roue de mon idole, c’est quand même un privilège. Il y a aussi tous les moments partagés pendant les repas et pendant ces trois semaines à la montagne. Ça crée des liens et de beaux souvenirs. En rentrant du stage, on avait dîné chez mes parents. C’est quelque chose qu’on n’oubliera jamais avec ma famille. »
La conquête du Maillot Jaune : « Un moment hors du temps, vraiment irréel »« Pendant ce stage, on a fait la reconnaissance de la Madeleine toutes les deux, et on se projetait sur ce qui pouvait s’y passer pendant la course », se souvient encore Bunel. En conclusion de la 8e étape, à la veille de l’arrivée à Châtel, la redoutable ascension (18,6 km à 8,1%) était un véritable épouvantail sur les routes du Tour de France Femmes avec Zwift 2025. Ferrand-Prévot y a mené l’assaut décisif, après un relais déterminant de Bunel, qui avait pris les devants pour mieux aider sa leader.
« À ce moment-là, on inverse la situation que j’ai connue lors de la préparation, elle est dans ma roue et il faut que je donne le maximum, le plus longtemps possible », raconte Bunel. « Là encore, elle a très bien su me guider, juste avec des petits mots efficaces pour que je comprenne si j’étais dans un bon effort, pour me motiver aussi. Au moment où je sens que je commence à baisser un peu de régime, elle s'envole pour aller chercher la victoire. C’était un moment hors du temps où j'ai basculé en mode pilote automatique. Je m’en souviens un peu comme si ça n’était même pas moi sur le vélo. Parce que ça paraissait vraiment irréel. »
« Je suis très heureuse d'avoir eu ces quelques minutes avec elle », ajoute Bunel. « Parce qu’avant, il y avait eu énormément de souffrance. J’étais tombée trois fois. À la troisième chute, je me disais ‘’je ne vais pas pouvoir y arriver’’. Le Tour de France Femmes avec Zwift, c’est tellement exigeant, même en étant en pleine forme, alors avec ce chaos, je commençais vraiment à perdre espoir. Mais je me suis promis de continuer. On avait tellement bien préparé ça, je voulais au moins aller jusqu’à la Madeleine. »
Une leader qui sait aussi donner : « C’est une mentor »
« Pauline est une leader qui est présente pour ses coéquipières », résume Bunel. « Il y a un objectif, mais elle va aussi prendre soin de nous et faire en sorte qu’on soit dans les meilleures conditions possibles, qu’on se sente bien. Elle veut que tout le monde s’entende bien, que tout le monde prenne du plaisir. Ça reste du vélo. Donc, même avec de grands objectifs, on réduit le stress au maximum et on prend ça vraiment avec calme. Ensuite, il y a aussi beaucoup de sérieux pour aller atteindre l’objectif. Quand on y va, on y va. Et si on y arrive, elle fait aussi attention à bien célébrer le succès ! »
La star PFP sait aussi se mettre au service de ses coéquipières. Ce printemps, on l’a vu se sacrifier pour Marianne Vos, très émue sur les pavés de Paris-Roubaix Femmes Hauts-de-France. Elle a ensuite accompagné Bunel vers la 3e place sur La Vuelta Femenina. « Il y avait ce même état d’esprit : “On donne le meilleur et on se fait plaisir” », raconte Bunel. « Et forcément, en cyclisme, il faut beaucoup s’adapter. Sur les deux dernières étapes, j'étais vraiment en très bonne forme et puis c'était aussi très, très pentu, donc ça correspondait vraiment à mes caractéristiques. Donc elle m'a soutenue à la perfection, en m’apportant autant de conseils que possible. Son aide a été cruciale, insiste la jeune Française. Ce n'est quand même pas rien d'avoir Pauline à ses côtés dans un moment pareil. C’est une mentor. »
Web-série "Femmes du Tour", présentée par CB
Ce que l’on voit : la course. Ce que l’on sait moins : leurs pensées. Entre pression, excitation, rêves et convictions, les championnes se livrent à l’approche du Tour de France Femmes avec Zwift.
Épisode 1 : Cédrine KERBAOL
Épisode 2 : Elise ChABBEY
Tous les épisodes à retrouver ici

